Dans un rapport accablant, le Conseil de l’Europe alerte sur l’augmentation des agressions sexuelles en France et le faible taux de poursuites contre les auteurs. L’organisation appelle à des mesures urgentes pour renforcer la protection des femmes et des mineures.

Le Conseil de l’Europe tire la sonnette d’alarme
Ce mardi, selon les informations du Parisien, le Conseil de l’Europe a publié un rapport particulièrement critique sur la situation des violences sexuelles en France. L’organisation, qui regroupe 46 pays membres, dénonce de graves lacunes dans la protection des femmes et appelle Paris à prendre des « mesures urgentes ».
Selon le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Grevio), émanation du Conseil de l’Europe, les agressions sexuelles sont en hausse alors que les poursuites restent très limitées.
Un taux alarmant de classements sans suite
Le rapport souligne que 83 % des affaires de violences sexuelles sont classées sans suite, un chiffre qui grimpe jusqu’à 94 % dans les cas de viols. Le Grevio se dit « particulièrement préoccupé » par cette situation et exhorte les autorités françaises à renforcer les enquêtes et à améliorer le recueil des preuves.
Les experts estiment également qu’il est nécessaire de revoir la définition juridique des violences sexuelles en la fondant sur l’absence de consentement de la victime, conformément aux standards européens.
Des mineures parmi les principales victimes
Autre constat inquiétant : plus de la moitié des victimes de violences sexuelles et de viols recensées en 2022 et 2023 étaient mineures, selon l’Observatoire national des violences faites aux femmes. Le rapport pointe aussi une hausse inquiétante des agressions commises par de jeunes hommes, influencés par des discours « masculinistes » largement relayés sur les réseaux sociaux.
Des avancées législatives reconnues
Si le Conseil de l’Europe insiste sur les urgences à traiter, il reconnaît néanmoins des progrès réalisés par la France depuis le Grenelle des violences conjugales de 2019. Sont notamment salués : la mise en place des bracelets anti-rapprochement, l’aide d’urgence pour les femmes ayant quitté un conjoint violent, et le « pack nouveau départ », permettant un soutien financier rapide.
Ces dispositifs s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, traité international ratifié par près de 40 pays et entré en vigueur en 2014, qui fixe des normes contraignantes pour protéger les femmes contre les violences.
Un appel pressant aux autorités françaises
En dépit de ces avancées, le Conseil de l’Europe estime que la France doit agir rapidement pour mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexuelles. « Des mesures fortes sont indispensables », martèle le Grevio, qui appelle à replacer la lutte contre les violences faites aux femmes au rang de priorité nationale.
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