Pris pour cible en août par les garde-côtes libyens, le navire humanitaire Ocean Viking et ses membres d’équipage français ont déposé plainte à Marseille pour “tentative d’assassinat” et “association de malfaiteurs”. L’ONG SOS Méditerranée dénonce la responsabilité de l’Union européenne dans cette attaque jugée d’une gravité exceptionnelle.

Une « attaque d’une extrême violence » en mer Méditerranée
L’ONG SOS Méditerranée et sept membres d’équipage français du Ocean Viking ont annoncé, mardi 7 octobre, avoir déposé plainte auprès du parquet de Marseille pour tentative d’assassinat et association de malfaiteurs, rapporte La Provence.
Cette démarche fait suite à une « attaque » survenue le 24 août dernier, lorsque des garde-côtes libyens ont ouvert le feu sur leur navire dans les eaux internationales, alors qu’il venait de secourir 87 migrants.
Selon SOS Méditerranée, plus de cent balles ont été tirées en direction du bâtiment humanitaire, qui transportait également 34 membres d’équipage. Aucun blessé n’a été déploré, mais l’ONG parle d’un acte “d’une violence extrême” ayant mis en danger la vie de dizaines de personnes.
L’ONG dénonce la responsabilité européenne
L’avocate des plaignants, Me Marie Geoffroy, a expliqué que cette plainte vise à “faire toute la lumière sur les circonstances de cette attaque d’une gravité exceptionnelle” et à “identifier les responsabilités de ceux qui ont permis qu’elle se produise”.
L’ONG rappelle que le navire patrouilleur utilisé par les tireurs avait été remis aux garde-côtes libyens dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne. Ce dispositif, intitulé Support to Integrated Border and Migration Management in Libya (SIBMMIL), avait notamment permis à l’Italie d’offrir en 2023 le bateau impliqué dans l’incident.
“Il est indispensable de reconnaître la responsabilité de la chaîne de commandement au sein de la garde côtière libyenne, mais aussi celle des États et institutions européennes qui continuent de les soutenir malgré leurs exactions connues”, souligne l’organisation.
Une deuxième plainte, cette fois en France
Une première plainte avait déjà été déposée le 5 septembre auprès du parquet de Syracuse, en Italie. Cette seconde procédure, lancée en France, vise à obtenir la reconnaissance de la responsabilité pénale de la hiérarchie libyenne et de ses partenaires européens.
“Il n’est pas acceptable que l’Union européenne finance et cautionne la violence des garde-côtes libyens, qu’il s’agisse d’interceptions brutales, de renvois forcés vers la Libye ou d’attaques contre des navires humanitaires”, a dénoncé Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée, dans un communiqué.
L’ONG demande à la justice française d’enquêter sur les conditions de cette attaque et d’établir les liens éventuels entre le financement européen et les actions violentes des garde-côtes libyens.
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