À Paris, un homme de 26 ans, déjà condamné pour agression sexuelle, a été reconnu coupable de violences contre des policiers après un contrôle routier houleux. Son avocat, Arié Alimi, a dénoncé un contrôle au faciès et des violences à caractère raciste. Le tribunal l’a condamné à six mois de prison avec sursis probatoire.

Un contrôle routier qui dégénère dans les rues de Paris
Le 29 juillet dernier, une patrouille de police remarque un véhicule roulant à vive allure. À bord, les agents constatent que la passagère consomme des ballons de protoxyde d’azote, un gaz souvent détourné à des fins récréatives.
Le conducteur, Achille B. M., 26 ans, déjà condamné pour des faits similaires et pour agression sexuelle, refuse de se soumettre au contrôle. L’intervention tourne rapidement à l’échange de coups entre les policiers et le jeune homme, finalement interpellé et conduit au commissariat.
Une fois sur place, il refuse de donner ses empreintes digitales, ce qui conduit le parquet à engager une procédure en comparution immédiate.
Une plainte contre les policiers rapidement classée
Trois semaines plus tard, Achille B. M. décide de porter plainte contre les policiers, les accusant de violences. Les agents avaient, de leur côté, déposé plainte dès le soir des faits.
Une enquête préliminaire de l’IGPN est alors ouverte, mais elle est rapidement classée, le « plaignant » n’ayant pas honoré son rendez-vous médical, nécessaire à la procédure.
À l’audience, la défense évoque un “contrôle raciste”
Le 9 octobre, l’affaire est examinée par le tribunal correctionnel de Paris. L’avocat du prévenu, Me Arié Alimi, connu pour ses prises de position politiques à gauche, dénonce des violences policières à caractère raciste.
Selon lui, son client aurait été contrôlé “en raison de sa couleur de peau”, citant un extrait du procès-verbal d’interpellation où les policiers décrivent l’intéressé comme un homme “de type africain”.
Pour l’avocat, cette mention constitue un indice d’un contrôle au faciès, et la procédure viserait à “couvrir des violences policières”.
Le parquet et les policiers réfutent les accusations
Le parquet de Paris et Me Jérôme Andreï, avocat des policiers, ont contesté cette lecture des faits.
« En réalité, dans cette affaire, le mis en cause s’est opposé à chaque étape du contrôle, de A à Z », a expliqué Me Andreï, rappelant qu’Achille B. M. avait même refusé la signalisation après son arrestation.
Le ministère public a soutenu que le contrôle routier était légitime et fondé sur le comportement du véhicule, non sur des critères discriminatoires.
Une condamnation à six mois avec sursis probatoire
Malgré les accusations de racisme portées à l’audience, le tribunal a retenu la culpabilité du prévenu pour violences contre les policiers et refus de signalisation.
Achille B. M. a été condamné à six mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.
Cette décision met fin, pour l’heure, à une affaire où s’affrontaient deux lectures opposées : celle d’un contrôle légitime pour les policiers, et celle d’un contrôle discriminatoire pour la défense.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






