À Montauban, une conseillère municipale de la majorité LR-UDR a été condamnée à six mois de prison avec sursis pour avoir abusé de la confiance d’un nonagénaire de 98 ans. L’élue, âgée de 76 ans, avait encaissé 41 chèques pour un total de 56.000 euros. Elle devra rembourser la victime et lui verser 1.500 euros de dommages et intérêts.

Une élue de Montauban reconnue coupable d’abus de faiblesse
Le tribunal correctionnel de Montauban (Tarn-et-Garonne) a condamné, ce mardi 14 octobre, une conseillère municipale de la majorité LR-UDR à six mois de prison avec sursis pour abus de faiblesse.
Entre 2018 et 2023, l’élue de 76 ans avait soutiré 56.000 euros à un homme âgé de 98 ans, ancien commerçant et père d’un ex-conseiller municipal de la ville.
Les enquêteurs ont découvert que la conseillère municipale avait encaissé 41 chèques d’un montant variant de 500 à 10.000 euros, souvent rédigés par elle-même et versés directement sur son compte personnel.
« J’ai transpiré pour gagner cet argent »
La victime, aujourd’hui âgée de 98 ans, s’est dite soulagée à l’issue de l’audience :
« Elle a été condamnée, c’est ce que je voulais. J’ai transpiré pour gagner cet argent-là , j’aurais préféré le donner à mon petit-fils », a-t-il confié à l’AFP.
L’homme, père d’un ancien élu chargé du handicap, connaissait bien la prévenue, avec laquelle il siégeait autrefois dans la même majorité municipale.
Absente à l’audience mais reconnaissant les faits
Danielle Amouroux, adjointe de quartier à Montauban et déléguée au conseil des droits et des devoirs des familles, n’était pas présente à son procès, invoquant des raisons médicales.
Par la voix de son avocate, elle a reconnu les faits et présenté ses excuses à la victime, après les avoir longtemps niés pendant la garde à vue et l’instruction.
Le tribunal l’a condamnée à rembourser intégralement la somme détournée et à verser 1.500 euros à la victime au titre du préjudice moral.
L’enquête révélée grâce à une conseillère bancaire vigilante
L’affaire a éclaté en 2023, lorsqu’une conseillère bancaire a alerté le parquet de Montauban, inquiète du comportement de l’élue qui se montrait « très pressante » pour être désignée bénéficiaire d’une assurance-vie appartenant au nonagénaire.
Les investigations ont également mis au jour une tentative de mise sous tutelle du vieil homme, que la conseillère municipale aurait initiée auprès d’un notaire.
« Il lui faisait entièrement confiance »
L’avocate de la victime, Me Élodie Cipière, a salué une décision de justice « nécessaire » :
« Mon client lui faisait entièrement confiance. Il aurait aimé la voir comparaître pour répondre aux questions restées en suspens. »
Pour la défense du nonagénaire, cette audience a permis de reconnaître l’abus subi et de clore une longue période de souffrance morale.
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