Née à Charleville-Mézières, la petite Romy a été enregistrée garçon par erreur. Ses parents se heurtent à un mur administratif pour corriger son acte de naissance.

Une famille face à la rigidité de l’administration française
Née le 26 février à Charleville-Mézières, Romy a été enregistrée de sexe masculin sur son acte de naissance en raison d’une erreur de l’état civil. Malgré leurs démarches répétées, ses parents se retrouvent face à une administration incapable de corriger sa propre faute.
Une erreur découverte trop tard pour être corrigée simplement
Tout commence dans les minutes qui suivent la naissance. Mathilde et Loïc repartent de la maternité de l’hôpital Manchester avec l’acte de naissance de leur fille Romy entre les mains. C’est en arrivant au véhicule qu’ils remarquent l’anomalie : le document mentionne « masculin » là où devrait figurer « féminin ». Confiants, les jeunes parents retournent aussitôt au bureau de l’état civil pour faire rectifier cette erreur qu’ils jugent anodine.
Leur démarche se heurte à un refus immédiat. Les agents leur expliquent qu’il n’est « pas possible de modifier » l’acte, les données ayant déjà été transmises aux organismes partenaires. La seule solution proposée : apposer une simple mention rectificative sur le document original — une correction partielle, loin de régler le problème en profondeur, relate .France 3 Grand Est.
Romy reste un « garçon » dans les fichiers de la Sécurité sociale
Les conséquences de cette erreur dépassent rapidement le cadre du seul acte de naissance. Dans le livret de famille, Romy apparaît toujours comme un enfant de sexe masculin. La Sécurité sociale, de son côté, enregistre la même information erronée. L’organisme doit désormais engager des démarches spécifiques auprès de l’Insee pour tenter d’harmoniser les fichiers et rétablir l’identité réelle de la petite fille dans les systèmes nationaux.
Ce type d’erreur en cascade illustre la rigidité des circuits administratifs français : une fois une donnée intégrée dans les bases, sa correction nécessite une procédure longue et incertaine, faisant peser sur les familles une charge qui ne devrait pas leur incomber.
La mairie présente ses excuses et promet une enquête interne
Interpellé par France 3 Grand Est, le premier adjoint au maire de Charleville-Mézières, Quentin Clarin, n’a pas minimisé la situation. Il a qualifié les faits d’« erreur inacceptable » et présenté les excuses officielles de la municipalité à la famille. L’élu a cependant reconnu la limite du système : une fois l’information enregistrée et diffusée, il devient très difficile d’en effacer toutes les traces.
Il a néanmoins assuré qu’une enquête interne serait diligentée afin de comprendre les circonstances de cette erreur et d’éviter qu’un tel incident ne se reproduise. Une promesse qui ne suffit pas, pour l’heure, à résoudre le quotidien administratif compliqué auquel fait face la famille de Romy.
Un cas révélateur des failles de l’état civil français
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière une vulnérabilité structurelle : la saisie manuelle ou informatique des actes de naissance reste susceptible d’erreurs humaines, et les procédures de correction ne sont pas à la hauteur de leur impact réel. Plusieurs juristes rappellent qu’une rectification judiciaire est possible via le tribunal judiciaire compétent, une voie que la famille pourrait emprunter si les démarches amiables continuent d’échouer.
Pour Mathilde et Loïc, l’urgence est simple : que leur fille Romy soit enfin reconnue pour ce qu’elle est, dans tous les documents qui jalonneront sa vie.
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