Au tribunal de Libourne, une enseignante a été reconnue coupable d’avoir fabriqué des lettres de menaces racistes et un SMS incitant à la violence. Elle écoppe d’un an de prison avec sursis, d’une lourde amende et d’une interdiction d’enseigner pendant cinq ans.

Une affaire d’abord présentée comme des menaces, puis révélée comme une mise en scène
Selon les informations du Figaro, le tribunal correctionnel de Libourne a condamné mardi Nadia K., 42 ans, professeure au lycée Jean-Monnet, pour dénonciation mensongère et escroquerie. L’instruction a conclu que l’enseignante, qui avait affirmé être la cible de plusieurs courriers anonymes contenant des menaces de mort et des propos racistes, était l’autrice d’un SMS menaçant envoyé à une élève et, selon le tribunal, à l’origine des lettres trouvées dans l’établissement.
Chronologie des faits telle que retenue par la justice
4 décembre 2023 : découverte, dans le hall du lycée Jean-Monnet, d’une première lettre manuscrite comportant menaces de mort, insultes racistes et propos violents. L’enseignante porte plainte en se disant la destinataire. 10 septembre et 12 novembre 2024 : deux nouvelles lettres, de tonalité comparable, sont glissées sous la porte de la salle de classe de Nadia K. Elle porte plainte à nouveau; le rectorat met en place une protection fonctionnelle. 10 avril 2025 : une élève reçoit un SMS contenant des menaces ciblées contre la professeure, accompagné d’invitations à relayer le message sur les réseaux sociaux. 23 avril 2025 : convoquée par les enquêteurs, Nadia K. reconnaît l’envoi du SMS mais nie avoir rédigé les trois lettres découvertes au lycée.
Pourquoi le tribunal a retenu la responsabilité de la prévenue
La présidente du tribunal, Laëtitia Dautel, a expliqué que le tribunal s’est fondé sur plusieurs éléments : la reconnaissance par la prévenue de l’envoi du SMS, la concordance du contenu entre le texto et les courriers, ainsi que la concomitance temporelle entre sa présence au lycée et la découverte des lettres. Ces éléments ont convaincu les magistrats que la version de la professeure ne tenait pas.
La peine et les conséquences professionnelles
Le tribunal a prononcé à l’encontre de Nadia K. : 12 mois d’emprisonnement avec sursis ; période de sursis probatoire de deux ans ; obligation de soins ; interdiction de paraître au lycée Jean-Monnet ; amende de 5 000 euros ; interdiction d’exercer la profession d’enseignant pendant cinq ans, avec exécution provisoire.
Au moment du délibéré, la prévenue s’est effondrée. Elle avait déclaré en ouverture d’audience : « Je vous prie de m’excuser » et répété que l’enseignement « était toute sa vie ».
Retombées et enjeux
L’affaire avait fortement mobilisé le lycée, le rectorat et les forces de l’ordre, provoquant une forte inquiétude parmi les personnels et les familles. Le tribunal a estimé nécessaire de sanctionner la fabrication de fausses alertes, tant pour la protection de la communauté scolaire que pour la crédibilité des procédures. Cette décision soulève aussi des questions sur la prévention, le repérage des troubles personnels et l’accompagnement des personnels en difficulté.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







Qu’est-ce qui est passĂ© dans la tĂŞte de cette professeure ??
Peut-ĂŞtre avait elle des problèmes personnels…