Une femme de confession musulmane de 74 ans a découvert une tête de sanglier dans son jardin à Roye. L’acte, perçu comme une intimidation à caractère religieux, fait l’objet d’une enquête de gendarmerie.

Une découverte macabre au domicile d’une femme musulmane
Samedi 11 octobre à Roye, dans la Somme, une habitante de 74 ans, de confession musulmane, a découvert dans son jardin une tête de sanglier décapitée, relate Ici PicardieLe sanglier, animal considéré comme impur dans l’islam, confère à cet acte une portée symbolique particulièrement choquante pour la victime et sa famille.
Immédiatement alertée, la gendarmerie de Montdidier a ouvert une enquête. Une plainte a été déposée et des constatations techniques sont en cours afin d’identifier l’auteur ou les auteurs de ce geste.
Une action perçue comme une provocation visant la religion de la victime
Ahmed Rahmani, fils de la septuagénaire, explique :
« Déposer une tête de sanglier devant la maison d’une femme musulmane ne peut pas être un hasard. C’est un symbole très fort. Cela nous vise clairement dans ce que nous sommes et dans notre foi. »
Il ajoute que sa mère, arrivée en 1983 depuis la Kabylie, n’a jamais revendiqué publiquement sa religion, mais qu’elle est connue dans le quartier comme pratiquante musulmane.
« Ma mère a toujours respecté tout le monde. Aujourd’hui, elle a peur. Cet acte, c’est une humiliation. »
Un climat de tension ressenti par la communauté
Selon SOS Racisme, qui suit désormais le dossier, ce type d’actes symboliques serait en hausse dans la région. Le dépôt d’un animal jugé impur devant le domicile d’une personne identifiée comme musulmane peut être interprété comme une tentative de stigmatisation religieuse.
Lucien Fontaines, référent de l’association dans la Somme, alerte :
« Il y a une multiplication des actes visant à intimider ou à humilier des personnes en raison de leur religion. Nous demandons que l’enquête permette d’établir clairement s’il s’agit d’un acte islamophobe. »
La famille appelle au respect des valeurs républicaines
Profondément choqué, Ahmed Rahmani rappelle son attachement à la République :
« Nous sommes français, nous respectons ce pays. Notre religion est musulmane, mais nos valeurs sont celles de la France. Ce genre d’acte nous exclut symboliquement, comme si nous n’avions pas notre place ici. »
La famille se dit déterminée à faire confiance à la justice, tout en espérant que les faits seront « qualifiés à leur juste gravité ».
Une enquĂŞte en cours
La gendarmerie confirme que plusieurs moyens d’investigation sont mobilisés : analyse de l’animal et de l’ADN potentiellement présent, recoupement d’images de vidéosurveillance, auditions dans le voisinage.
Aucune piste, y compris celle d’un acte visant spécifiquement la religion de la victime, n’est pour l’instant écartée.
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