À Vitrolles, un vendeur automobile a piégé des acheteurs en leur volant leurs véhicules après la vente, grâce à des AirTags cachés. Il écope de deux ans de prison.

Un stratagème d’une rare sophistication découvert à Vitrolles
Le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence a condamné un auto-entrepreneur de 40 ans pour avoir mis au point un système d’escroquerie inédit : vendre des véhicules maquillés à des particuliers, puis les récupérer quelques jours plus tard en utilisant des traceurs AirTag dissimulés dans les habitacles. Au total, six victimes ont été recensées dans les Bouches-du-Rhône et les départements voisins.m, rapporte La Provence.
Une victime découvre son véhicule disparu… avec tous ses effets personnels
À Vitrolles, Chloé pense avoir fait une bonne affaire en achetant une Peugeot 3008 sur Leboncoin. Le véhicule est stationné dans le parking souterrain de sa résidence, fermé et sécurisé. Trois semaines après l’achat, elle découvre au matin que le véhicule a disparu, emportant avec lui ses papiers d’identité, ses moyens de paiement, la poussette et le siège auto de ses enfants.
L’enquête révélera que le vendeur avait caché un AirTag dans la voiture pour la localiser à distance et revenir la voler.
Des sociétés fantômes pour maquiller la fraude
Les véhicules étaient vendus via deux sociétés : Auto 88 et RSM Auto 83. Derrière ces dénominations commerciales, aucune véritable concession. Auto 88 était déclarée dans un camping de luxe à Fréjus, tandis que RSM Auto 83 n’existait que sur le papier avec un gérant introuvable. Toutes deux servaient à immatriculer frauduleusement les voitures volées.
Les plaques correspondaient à de véritables véhicules appartenant à des tiers, dont les certificats d’immatriculation avaient été illicitement écrasés dans le Système des immatriculations des véhicules (SIV).
Des AirTags pour localiser et dérober les véhicules
Après chaque vente, l’escroc suivait à distance la voiture du nouveau propriétaire grâce à un traceur caché. Une fois le lieu sécurisé repéré, il intervenait pour subtiliser discrètement le véhicule, parfois en pleine nuit.
Selon les enquêteurs, il agissait « comme un professionnel de la récupération », se servant des outils numériques pour organiser un double gain : la vente et le vol.
Un préjudice financier considérable pour les victimes
Chloé, mère célibataire de trois enfants, a contracté deux prêts pour un montant total de 18 500 euros afin d’acquérir son SUV. Son assurance refuse de l’indemniser, considérant le véhicule comme frauduleux. Elle devra rembourser 20 000 euros sur dix ans… sans voiture pour se déplacer.
D’autres victimes, dont un couple venu d’Agde escroqué de 30 000 euros, affirment ne jamais revoir leur argent et craignent que le condamné ait dissimulé ses ressources.
Verdict du tribunal : prison et interdiction de gérer
Le prévenu, identifié comme Steeve P., a été condamné à 2 ans de prison, dont 1 an avec sursis, 5 ans d’interdiction de diriger une entreprise et obligation d’indemniser les victimes.
À l’audience, l’homme a admis avoir agi « en connaissance de cause », tout en refusant de divulguer l’identité de ses complices, déclarant craindre pour sa sécurité.
Un cas révélateur de l’essor des arnaques technologiques
Cette affaire met en lumière une nouvelle forme de criminalité mêlant escroquerie administrative et technologies de géolocalisation. Les autorités appellent désormais à une vigilance accrue lors de l’achat de véhicules entre particuliers.
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