Un réseau d’électromécaniciens a été démantelé à Paris. Ces spécialistes détournaient des enceintes Bluetooth pour en faire des systèmes de démarrage de voitures, revendus à des voleurs en France et à l’étranger.

Des enceintes connectées transformées en outils de vol
C’est une affaire digne d’un film d’espionnage, mais bien réelle. Trois hommes, âgés de 39 à 50 ans, ont été mis en examen ce vendredi à Paris pour atteinte à un système automatisé de données, vol en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment, relate Le Parisien.
Selon les enquêteurs, ils auraient fabriqué et commercialisé des enceintes Bluetooth trafiquées capables d’ouvrir et de démarrer n’importe quelle voiture, notamment des modèles récents. Le dispositif, camouflé dans une enceinte connectée, aurait été vendu à des équipes de voleurs dans toute la France, mais aussi à l’étranger.
« Ce sont des techniciens de l’automobile qui ont mis leur savoir-faire au service du crime », a résumé le procureur. D’après les premières estimations, le principal suspect aurait engrangé plus de trois millions d’euros grâce à ce trafic.
Une enquête née d’une arrestation à Versailles
L’enquête débute en septembre 2023, lorsque les gendarmes de l’Unité nationale cyber (UNCyber) découvrent un nouveau mode opératoire chez les voleurs de véhicules. En juin de la même année, à Versailles (Yvelines), une équipe est arrêtée en flagrant délit alors qu’elle s’apprête à dérober un Toyota RAV4.
Le boîtier utilisé pour pirater le véhicule portait le logo JBL. Derrière cette apparente enceinte de musique se cachait en réalité un outil de piratage sophistiqué, capable de se connecter aux systèmes électroniques des voitures.
Sous la direction d’un magistrat de la Junalco (J3), les enquêteurs remontent la piste numérique et identifient un certain Mounir, présenté comme le cerveau du réseau.
Un « ingénieur » de l’ombre à la tête du trafic
Ce père de quatre enfants, domicilié en Eure-et-Loir, est officiellement chauffeur professionnel et passionné de mécanique. En parallèle, il aurait fabriqué lui-même les dispositifs, achetant des enceintes qu’il modifiait avant de les revendre sur un canal Telegram dédié.
Les prix variaient entre 1 000 et 10 000 euros, selon la performance de l’appareil. Les versions les plus coûteuses permettaient, selon les enquêteurs, de démarrer tous types de voitures, sans clé ni alarme.
Deux autres électroniciens, installés dans les Yvelines et le Val-de-Marne, participaient à la conception et à la distribution de ces outils. L’étude financière du principal suspect a révélé 23 comptes bancaires à l’étranger et des dépenses mensuelles atteignant jusqu’à 110 000 euros.
Un million d’euros de matériel saisi lors des perquisitions
Le trio a été interpellé lundi à Dreux, Verneuil-sur-Seine et Créteil, avant d’être placé en garde à vue dans les locaux de l’UNCyber.
Les perquisitions ont permis de saisir pour un million d’euros de matériel électronique, quatre véhicules, ainsi que 80 000 euros en liquide et sur comptes bancaires.
Durant les auditions, le principal suspect a nié toute activité illégale, affirmant ne vendre que des outils destinés aux garagistes. Son avocate, Me Dominique Ousset, a défendu l’idée d’un malentendu :
« On lui reproche d’avoir vendu des outils techniques utilisés par des professionnels de l’automobile. Il ne peut être tenu responsable de leur usage détourné », a-t-elle plaidé, comparant son client à « un armurier accusé pour le crime d’un autre ».
Les deux complices présumés ont également nié toute implication. Le trio a été placé en détention provisoire dans la soirée, le temps que l’enquête se poursuive.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







Il est grand temps d’éradiquer toutes ces blattes….
C’est toujours la mĂŞme chose, ils ne sont jamais responsables, ils ne savaient pas Ă quoi ça servait !!
Bravo à nos FDO pour ce démantèlement