À Toulouse, un homme de 65 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis pour des violences conjugales répétées sur son épouse, qu’il maintenait isolée et sans liberté de sortie. Le sexagénaire, jusqu’ici inconnu de la justice, niait les faits.

Des retrouvailles sous le signe du “regroupement familial”
Mariés au Bangladesh, le couple s’était retrouvé à Toulouse en 2018, après une procédure de regroupement familial. Mais derrière cette réunion censée marquer un nouveau départ, le quotidien a rapidement viré au calvaire pour l’épouse, relate La Dépêche.
Les tensions sont apparues dès les premières années de vie commune, jusqu’à prendre un tour dramatique en octobre 2021.
Une première alerte aux urgences
Cette année-là , la femme est hospitalisée pour des troubles du comportement. Aux soignants, elle confie alors vivre sous les coups de son mari depuis deux ans.
« La veille, il m’a frappée avec un bâton, traînée par les cheveux, donné des coups de pied », relate-t-elle.
Elle explique s’être défendue « en le mordant ».
L’homme, âgé de 65 ans, réfute tout en bloc. À la barre, il affirme que c’est lui la véritable victime :
« Elle devient incontrôlable quand elle s’énerve. Elle casse des objets. »
Le président du tribunal, Didier Suc, ironise :
« C’est donc vous la victime ? Vous êtes un mari battu ? »
Un nouveau signalement en 2023
En février 2023, la femme se réfugie dans un centre d’hébergement d’urgence à Blagnac, en pleurs, portant des traces visibles sur le visage et le corps.
Elle raconte des coups, un étranglement, des insultes et surtout une existence « isolée, enfermée, sans droit de sortie ».
Une attestation de la mairie confirme qu’elle avait déjà sollicité une assistante sociale en 2022 et présentait alors un hématome au nez.
« Elle vivait enfermée dans son propre logement, sans clés, sans compte bancaire », plaide Me Faure, avocate de la victime.
L’avocate réclame 3 000 euros pour le préjudice moral subi.
Le ministère public met en avant les preuves médicales
Le procureur souligne la concordance des faits :
« À chaque passage aux urgences, ses déclarations sont corroborées par des constats médicaux. »
Il requiert six mois de prison avec sursis probatoire et interdiction de contact entre les deux époux.
Une défense qui plaide le doute
L’avocat du prévenu, Me Alexandre Martin, met en avant la personnalité de son client :
« Cet homme n’a jamais manifesté de valeurs patriarcales fortes. C’est un couple fragilisé, usé, peut-être par le Covid et les difficultés d’intégration. »
Il demande la relaxe, estimant qu’aucun élément matériel ne prouve formellement les faits :
« Rien ne corrobore les déclarations de Madame. »
Le tribunal tranche : coupable
Après délibéré, le tribunal de Toulouse le reconnaît coupable des faits de violences conjugales.
Le sexagénaire, jusque-là inconnu de la justice, écope de six mois d’emprisonnement avec sursis simple et devra verser 2 000 euros de dommages et intérêts à son épouse.
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