Dans le Val-de-Marne, des policiers de la brigade anticriminalité se retrouvent à patrouiller à pied faute de véhicules disponibles, tandis que les syndicats dénoncent un manque de moyens humains et matériels et réclament 500 effectifs supplémentaires, malgré des chiffres de la délinquance en légère baisse selon la préfecture de police.[assemblee-nationale]

Val-de-Marne : des policiers de la BAC à pied, symbole d’un manque de moyens criant
Dans la circonscription du Kremlin-Bicêtre, la plus importante du Val-de-Marne, des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) sont désormais contraints de patrouiller à pied faute de véhicules disponibles, une situation vécue comme le révélateur des tensions qui pèsent sur les moyens de la police nationale dans le département, relate Le Parisien. Les organisations syndicales dénoncent un service public de la sécurité fragilisé, incapacité selon elles de répondre pleinement à l’augmentation et à la diversification des missions confiées aux forces de l’ordre.
Des véhicules immobilisés et des patrouilles dégradées
Au Kremlin-Bicêtre, l’équipe de nuit de la BAC prend son service alors que l’équipe de jour n’a pas encore terminé, mais le parc automobile ne permet pas de faire rouler deux équipes simultanément, ce qui conduit l’une d’elles à intervenir à pied. Les représentants syndicaux pointent des plans de renouvellement de véhicules en retard, certaines voitures annoncées pour 2024 n’ayant toujours pas été livrées, ce qui entraîne l’immobilisation d’au moins un véhicule dans chaque commissariat selon eux.
Dans un autre commissariat du département, à Villeneuve-Saint-Georges, un véhicule de la BAC envoyé au garage a été remplacé par une voiture dont le coffre ne permet pas d’embarquer la caisse métallique destinée aux armes longues, ce qui, d’après les syndicats, rendrait l’équipage inapte à intervenir en cas de scénario de type terroriste. La préfecture de police de Paris estime toutefois le taux de disponibilité du parc automobile du Val-de-Marne à un peu plus de 82%, avec 72 véhicules immobilisés sur 406, en rappelant que de nombreux accidents et dégradations ont été enregistrés depuis le début de l’année.
Concernant la situation spécifique du Kremlin-Bicêtre, la hiérarchie indique que neuf véhicules sont actuellement hors service, mais que quatre voitures supplémentaires ont été affectées afin de compenser partiellement le manque, tandis que Villeneuve-Saint-Georges ne compterait qu’un seul véhicule immobilisé.
Des effectifs jugés insuffisants par les syndicats[assemblee-nationale]
Les syndicats de police affirment que le département a perdu environ 300 postes en cinq ans, en raison de départs à la retraite et de mutations non compensées. Ils réclament l’arrivée de 500 policiers supplémentaires pour retrouver un fonctionnement jugé normal, estimant que ce renfort permettrait de couvrir correctement le terrain, d’assurer les nouvelles missions et de réduire la pression sur les équipes.
La préfecture de police de Paris soutient au contraire que les effectifs du Val-de-Marne sont globalement stables et rappelle qu’une hausse sensible avait été observée entre 2017 et 2022, le niveau actuel étant présenté comme proche de celui de 2014. Selon la tutelle, le territoire bénéficie régulièrement des sorties d’école de gardiens de la paix ainsi que de renforts venus d’autres services de l’agglomération parisienne.
L’investigation en première ligne de la souffrance au travail
Les organisations syndicales insistent particulièrement sur la situation des services d’investigation, décrits comme l’un des secteurs les plus en tension du département. Certains enquêteurs découvriraient plusieurs centaines de dossiers en attente dès leur arrivée dans un service, et il est rapporté que des collègues appellent régulièrement leurs représentants pour exprimer leur détresse face à une charge de travail jugée insoutenable.Cette accumulation de procédures conduirait les enquêteurs à travailler sur des affaires anciennes, remontant parfois à plusieurs années, avec des victimes qui attendent toujours la conclusion de leurs dossiers. Dans un commissariat du département, il est ainsi évoqué une équipe de seulement une dizaine d’enquêteurs pour environ 65 000 habitants, soit un ratio présenté comme largement inférieur à celui observé dans d’autres villes voisines, où les services d’investigation compteraient plus de personnels pour une population comparable ou légèrement supérieure.
Les syndicats soulignent aussi que ces difficultés sont renforcées par des missions annexes : gardes à l’hôpital lorsque des personnes détenues y sont admises, présence au tribunal lorsque les audiences s’éternisent, autant de tâches qui mobilisent des effectifs déjà considérés comme insuffisants sur le terrain.[assemblee-nationale]
Des indicateurs de délinquance en légère amélioration
La hiérarchie met en avant, en parallèle de ces critiques syndicales, des indicateurs de délinquance présentés comme orientés à la baisse dans le département. Pour l’année 2024, les atteintes aux personnes auraient reculé d’un peu plus de 1%, tandis que les atteintes aux biens diminueraient d’environ 3%, avec une baisse plus marquée encore pour les cambriolages.
Ces résultats sont invoqués pour montrer que, malgré les contraintes et les tensions internes, l’action des forces de l’ordre produirait des effets visibles sur la sécurité du quotidien dans le Val-de-Marne. Cette lecture statistique n’empêche toutefois pas les représentants des personnels de continuer à alerter sur les conditions de travail, qu’ils jugent fragilisées par le sous-effectif et le vieillissement des moyens matériels.[assemblee-nationale]
Un dossier porté jusqu’au Premier ministre
Les critiques des syndicats ont été relayées lors de la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu au commissariat de L’Haÿ-les-Roses, son premier déplacement en tant que chef du gouvernement après sa reconduction à Matignon. Pendant que le chef du gouvernement s’adressait à la presse et aux élus présents, une conseillère chargée des questions de justice a longuement échangé avec les représentants syndicaux, avant que ceux-ci ne puissent s’entretenir directement, pendant plusieurs minutes, avec le Premier ministre.
Les syndicats disent avoir trouvé un interlocuteur attentif, et voient un signe positif dans la nomination au ministère de l’Intérieur de l’ancien préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, présenté comme un responsable connaissant bien les problématiques du terrain en Île-de-France. Ils attendent désormais des décisions concrètes sur les moyens humains, le renouvellement du parc automobile et l’allègement des charges annexes, pour que les conditions d’exercice de la police dans le Val-de-Marne soient alignées, selon eux, avec les enjeux de sécurité du territoire.
(Merci P.)
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honteux et c’est Macron qui donne de l’argent Ă l’Ukraine et ZĂ©lensky et ont est envahis par des OQTF ,Migrants , dommage car en Russie il ‘n’y a pas ce problĂ©me, ni aux USA car ils sont plus effiicaces que nous
Bientôt, la BAC sera dotée de pistolets à eau, faute de munitions.
c’est deja presque le cas, les policiers ont l’autorisation d’utiliser dans la vie civile leur arme de dotation au stand et d’acheter leurs munitions avec leur carte de police … tout bĂ©nĂ©fice pour l’Ă©tat, le personnel s’entraine Ă ses frais …