La police et la gendarmerie lancent un tchat sécurisé, anonyme et disponible 24h/24 pour les mineurs victimes ou témoins de violences physiques, sexuelles, de cyberharcèlement ou d’addictions, via la plateforme Ma Sécurité.

Tchat sécurisé 24h/24 : un nouveau recours pour les mineurs victimes de violences
À l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, un tchat sécurisé vient d’être ouvert par la police et la gendarmerie, relate La Provence.
Accessible en continu, il s’adresse aux mineurs de moins de 18 ans victimes ou témoins de violences physiques, sexuelles, de cyberharcèlement ou confrontés à des addictions, afin de leur offrir une aide rapide, confidentielle et adaptée.
Un espace numérique dédié aux moins de 18 ans
Ce nouveau dispositif prend la forme d’un espace en ligne spécifiquement conçu pour les mineurs. Il propose un tchat sécurisé ainsi que des contenus pédagogiques adaptés à leur âge.
Les jeunes peuvent y poser leurs questions, décrire une situation de violence ou d’agression, ou demander de l’aide face à une consommation problématique de substances ou à une dépendance numérique, sans avoir à se déplacer dans un commissariat ou une brigade.
Pensé comme une porte d’entrée discrète vers les services de sécurité, ce tchat vise à rassurer les mineurs qui hésitent à parler à un adulte de confiance ou à leurs parents. Il permet de recueillir leur parole dans un cadre structuré et bienveillant.
Un tchat accessible 24h/24 et 7j/7 sur Ma Sécurité
Le tchat est disponible en permanence, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, via le site officiel www.masecurite.interieur.gouv.fr.
Derrière l’écran, une équipe dédiée répond en temps réel aux sollicitations des mineurs, les écoute, les informe sur leurs droits et les oriente vers les dispositifs de prise en charge adaptés à leur situation.
Cette disponibilité continue permet de prendre en compte les moments où les jeunes se sentent le plus en difficulté ou en détresse, notamment le soir, la nuit ou le week-end, lorsque les autres interlocuteurs habituels peuvent manquer.
Une équipe de policiers et de gendarmes spécialement formés
Pour assurer ce service, une quarantaine de policiers et une trentaine de gendarmes ont été mobilisés. Ces agents ont reçu une formation spécifique à l’accueil de la parole des mineurs et au traitement des situations de violences, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles ou numériques.
Certains d’entre eux intervenaient déjà auparavant sur les violences intrafamiliales ou conjugales, et mettent désormais cette expertise au service des plus jeunes.
Leur rôle ne se limite pas à l’écoute : ils peuvent proposer des conseils concrets, orienter vers des services spécialisés (santé, justice, protection de l’enfance) et, si nécessaire, déclencher des interventions pour mettre à l’abri un mineur en danger.
Confidentialité garantie, levée possible en cas de danger grave
Le principe de ce tchat repose sur une confidentialité strictement protégée. Les mineurs peuvent échanger sans donner immédiatement leur identité ni prévenir leurs parents, ce qui facilite la prise de contact dans des situations souvent marquées par la peur, la honte ou la pression familiale.
Toutefois, cette confidentialité connaît une limite importante : lorsqu’un danger grave et imminent est identifié, l’anonymat peut être levé afin de permettre une intervention rapide des forces de l’ordre. La priorité reste alors la protection et le secours du mineur.
Cet équilibre entre anonymat et protection vise à encourager la parole tout en garantissant une réaction efficace lorsque la sécurité de l’enfant ou de l’adolescent est menacée.
Violences conjugales, cyberharcèlement, sextorsion : des situations fréquentes
Avant la mise en place de ce dispositif dédié, les mineurs qui entraient en contact avec les forces de l’ordre le faisaient souvent dans des contextes déjà très lourds : exposition à des violences conjugales au sein du foyer, cyberharcèlement répété sur les réseaux sociaux ou encore “sextorsion”, c’est-à -dire l’extorsion d’images intimes sous la menace.
Beaucoup de ces jeunes ne souhaitaient pas que leurs parents soient informés, par peur des réactions ou parce que les violences avaient lieu dans le cercle familial lui-même.
Le tchat vise précisément à offrir un canal de communication plus accessible et moins intimidant, afin que ces situations puissent être signalées plus tôt, avant qu’elles ne s’aggravent.
Un outil face à l’ampleur des violences sexuelles sur mineurs
Les chiffres officiels rappellent l’ampleur du phénomène : chaque année, en France, environ 160 000 mineurs seraient victimes de violences sexuelles. Ces violences restent encore largement sous-déclarées, en raison du silence, de la peur des représailles ou du sentiment de culpabilité qui pèse sur les victimes.
En facilitant la première prise de contact avec des professionnels formés, ce tchat doit contribuer à briser l’isolement des victimes, à favoriser les signalements et, à terme, à améliorer la protection des enfants et des adolescents.
Ce nouvel outil numérique s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures visant à renforcer la lutte contre les violences faites aux mineurs et à faire respecter leurs droits fondamentaux, partout sur le territoire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





