Une décision de justice autorisant la sortie d’un narcotrafiquant détenu au quartier de haute sécurité de Vendin-le-Vieil provoque la colère des syndicats pénitentiaires, qui dénoncent une incohérence totale avec le régime strict imposé.

Vendin-le-Vieil : polémique après l’octroi d’une permission de sortie à un narcotrafiquant “haute sécurité”
C’est une décision qui passe mal auprès du personnel pénitentiaire. Alors que le centre de Vendin-le-Vieil a été récemment transformé pour accueillir les profils les plus dangereux du narcotrafic, la justice vient de valider une demande de sortie pour l’un de ses pensionnaires, pourtant incarcéré jusqu’en 2029, relate Le Figaro.
La situation est jugée paradoxale, voire « aberrante » par les représentants du personnel. Un détenu actuellement placé au Quartier de Lutte contre la Criminalité Organisée (QLCO) a reçu le feu vert pour quitter temporairement l’enceinte de la prison. L’objectif de cette sortie sans escorte ? Honorer un rendez-vous d’ordre professionnel. Une motivation qui surprend, compte tenu du profil de l’intéressé et de la durée de peine qu’il lui reste à purger.
Un profil “spectre haut” transféré cet été
L’homme au cœur de cette affaire n’est pas un détenu lambda. Il fait partie de la centaine d’individus transférés durant l’été 2025 vers l’établissement du Pas-de-Calais. Ces transferts s’inscrivent dans une nouvelle stratégie pénitentiaire visant à regrouper les grands noms du trafic de stupéfiants dans une structure unique, soumise à un régime de sécurité drastique pour couper leurs liens avec l’extérieur.
Condamné pour son rôle actif dans le narcobanditisme, cet individu n’est théoriquement libérable qu’en 2029. Malgré cet horizon lointain, sa demande pour passer un entretien d’embauche — dont la nature exacte reste floue — a finalement abouti.
Un bras de fer judiciaire
L’autorisation ne s’est pas faite sans heurts. Initialement, la demande avait reçu une fin de non-recevoir de la part de la direction de la prison ainsi que du parquet de Béthune, conscients des risques de sécurité.
Le détenu a toutefois contesté ces refus. Saisi du dossier en appel, le Juge d’Application des Peines (JAP) a tranché en sa faveur. Malgré une ultime tentative du parquet pour bloquer la procédure, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Douai a validé définitivement la permission ce vendredi. Tous les recours étant désormais épuisés, l’extraction devra avoir lieu prochainement.
“Une décision déconnectée de la réalité”
Du côté des surveillants, l’incompréhension domine. Le syndicat UFAP-UNSa Justice a vivement réagi via un communiqué, pointant du doigt le fossé entre les ambitions sécuritaires affichées par l’État et la réalité des décisions de justice.
« On ne peut pas imposer un régime ultra-renforcé, dire publiquement qu’on y incarcère les plus grands narcotrafiquants du pays et voir s’appliquer des décisions qui contredisent cet ensemble frontalement », s’indigne l’organisation syndicale, qui qualifie la mesure de « totalement déconnectée des exigences et des contraintes imposées chaque jour aux personnels ».
(Merci Rudy van Cappellen & Yann Bourguignon)
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Qui peut comprendre cette décision. C’est invraisemblable.