Le tribunal de Pontoise a condamné ce vendredi plusieurs membres d’une famille de gens du voyage pour avoir déversé 28 000 m3 de déchets dans la forêt de Maubuisson. Retour sur un trafic estimé à plus d’un million d’euros.

Décharge sauvage de Maubuisson : la justice sanctionne le clan de gens du voyage
Le tribunal correctionnel de Pontoise a rendu son délibéré ce vendredi 21 novembre. Plusieurs peines de prison, dont certaines fermes, ont été prononcées à l’encontre d’un clan familial issu de la communauté des gens du voyage. Ils étaient accusés d’avoir organisé, depuis leur campement, un vaste système de déversement illégal de déchets BTP en pleine forêt.
C’est l’épilogue d’un procès sous haute tension dans le Val-d’Oise. Onze prévenus comparaissaient pour avoir orchestré, en bande organisée, une gestion illégale de déchets et du travail dissimulé. Au cœur du dossier : une montagne de gravats et de détritus accumulés illégalement dans la forêt de Maubuisson, à Pierrelaye. Ce trafic, particulièrement lucratif pour cette famille de gens du voyage, est estimé à près de 1,3 million d’euros.
Des peines de prison ferme et des relaxes
Le jugement rendu ce vendredi a établi une distinction claire entre les différents membres du clan, âgés de 19 à 74 ans. Si trois épouses ont été relaxées, les hommes ont écopé de sanctions significatives :
• Le patriarche, principal prévenu, a été condamné à 3 ans de prison avec sursis.
• Quatre autres hommes ont reçu une peine de 2 ans de prison avec sursis.
• Deux prévenus ont été condamnés à 8 mois de prison ferme en raison de leurs antécédents judiciaires. Le tribunal a toutefois laissé au juge d’application des peines la possibilité d’aménager leur détention.
• Un dernier prévenu a été partiellement relaxé mais condamné à 4 mois de sursis.
Outre ces peines, chaque personne reconnue coupable devra s’acquitter d’une amende de 1 000 euros.
Un campement transformé en plaque tournante du déchet
L’enquête, menée par la division de la criminalité territoriale, a mis au jour un mécanisme industriel bien huilé opérant depuis le lieu de vie de la famille. Durant quatre mois d’investigations, les policiers ont comptabilisé près de 900 rotations de camions.
Le mode opératoire était simple : les véhicules partaient vides du camp des gens du voyage pour revenir chargés de déchets de construction, collectés sur divers chantiers d’Île-de-France. Le service était facturé environ 250 euros la benne aux artisans peu scrupuleux cherchant à contourner les filières légales.
Au total, ce sont 28 000 m3 de déchets qui ont été déversés sur une surface d’un hectare, au mépris des règles environnementales.
Une enquête difficile face à un accès barré
Le dossier a débuté dès 2018, lorsque le Syndicat mixte d’aménagement de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt (SMAPP) a signalé les dépôts sauvages sur ce site destiné à devenir une forêt. L’enquête policière, ouverte officiellement en juin 2024, s’est heurtée à une difficulté majeure : l’accès au site était physiquement bloqué par le camp des gens du voyage.
Impossible d’intervenir directement sans risques de tensions ; les enquêteurs ont donc dû adapter leurs méthodes. Ils ont eu recours à une surveillance technique poussée (caméras, écoutes téléphoniques, filatures) pour documenter les allées et venues des camions sans pénétrer dans le campement.
Plus de 3 millions d’euros de préjudice
Si le volet pénal est clos, l’aspect financier reste lourd. Le SMAPP, partie civile, réclame 3 215 583,36 euros pour remettre en état le site pollué.
Le tribunal a reconnu l’entière responsabilité des sept condamnés dans ce préjudice. Le montant exact qu’ils devront rembourser sera fixé lors d’une audience sur les intérêts civils, programmée pour le 18 février prochain.
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Tout celĂ est risible : du sursis comme sanctions !
Ce sont les hors-la-loi qui font leur loi et justice et forces de l’ordre s’aplatissent !