Excédé par les vols à répétition, un gérant de magasin à Caen a publié les photos des suspects sur Facebook avec le soutien du collectif « Ras le Vol ». Une stratégie payante : les mis en cause ont remboursé la marchandise et présenté des excuses. Récit d’un fait divers qui relance le débat sur la défense des commerçants.

Caen : la riposte numérique d’un commerçant fait revenir les voleurs pour payer leur dû
Face à la recrudescence des vols à l’étalage, le gérant d’un Carrefour City caennais a opté pour une méthode controversée mais efficace : la publication des visages des auteurs présumés sur les réseaux sociaux. Une initiative soutenue par un collectif de commerçants qui a permis de résoudre l’affaire en moins de 24 heures, relate Valeurs actuelles.
C’est une victoire symbolique pour les commerçants exaspérés par la démarque inconnue. À Caen (Calvados), une supérette de proximité a réussi à récupérer sa marchandise et à obtenir des excuses de la part de voleurs, non pas grâce à une intervention policière classique, mais par la pression des réseaux sociaux.
Le 20 novembre dernier, fatigué par les larcins quotidiens, le responsable du magasin a décidé de franchir un cap. Soutenu par le collectif « Ras le Vol », il a diffusé sur Facebook les photos issues de la vidéosurveillance montrant les auteurs présumés des faits en pleine action.
« Marre de faire autre chose que notre travail »
Le message accompagnant les clichés se voulait sans équivoque. Le commerçant y dénonçait le vol de denrées alimentaires (viande, bière) et de confiseries, tout en lançant un ultimatum public : « On les attend pour rembourser puis être interdit un an. Vous volez : je vous affiche ! ».
Cette stratégie du pilori numérique, relayée par la page du collectif militant, visait un double objectif : identifier les individus et créer un effet dissuasif immédiat pour stopper l’hémorragie de vols qui pèse sur le chiffre d’affaires et le moral des équipes.
Des excuses et un remboursement immédiat
L’impact de la publication a été fulgurant. Dès le lendemain, la pression sociale a opéré. Une famille, reconnaissant l’un des protagonistes mineur sur les images, a pris contact avec la structure. Le jeune homme a rédigé une lettre d’excuses manuscrite et le préjudice financier a été intégralement réglé au magasin.
Parallèlement, une autre personne mise en cause pour le vol de denrées est revenue d’elle-même pour régler ce qu’elle a qualifié d’« oubli ». Suite à ce dénouement favorable, et pour se conformer aux exigences légales concernant la protection des mineurs, le collectif a retiré la photographie du jeune homme, tout en saluant l’efficacité redoutable du procédé.
Une méthode entre efficacité et limite légale
Si l’affaire se termine bien pour le commerçant caennais, elle met en lumière le ras-le-bol d’une profession face à une délinquance du quotidien jugée explosive. Le fondateur du collectif « Ras le Vol » assume cette stratégie de l’affichage, qu’il juge nécessaire face à l’ampleur du phénomène, tout en reconnaissant les frontières juridiques actuelles.
En France, la diffusion publique d’images de personnes suspectées d’infractions peut en effet se heurter au respect de la vie privée et à la présomption d’innocence. Toutefois, pour les partisans de cette méthode, le résultat obtenu à Caen constitue une nouvelle preuve que la « peur de l’affiche » fonctionne là où les procédures classiques peinent parfois à endiguer les petits délits.
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La Loi doit Ă©voluer. Quand la preuve du vol se heurte Ă une prĂ©somption d’innocence, la Justice est discrĂ©ditĂ©e!
cool
Bravo au commerçant de les afficher.