Jugé ce 19 novembre 2025 au tribunal du Mans, un habitant de La Flèche a été condamné pour apologie du terrorisme. L’homme de 26 ans avait proféré des menaces de mort et glorifié l’État islamique sur un forum de jeux vidéo. Retour sur l’audience.

Sarthe : condamnation pour apologie du terrorisme après des menaces sur un forum de jeux vidéo
Le tribunal correctionnel du Mans a rendu son délibéré ce mercredi 19 novembre 2025 dans une affaire mêlant dérive sur internet, troubles psychiatriques et menaces d’une extrême gravité. Un homme de 26 ans, résidant à La Flèche (Sarthe), y répondait de faits d’apologie du terrorisme.
Un signalement Pharos déclenche l’enquête
Selon les informations d’Actu.fr, l’affaire débute le 13 mars 2025, suite à une alerte transmise à la plateforme Pharos, le portail officiel de signalement des contenus illicites sur Internet. Sur un forum de discussion très populaire auprès des amateurs de jeux vidéo, des messages inquiétants attirent l’attention. Un utilisateur y proclame « Gloire à l’État islamique » avant d’ajouter une menace explicite visant une partie de la population : « Je vais faire péter tous les Blancs. »
Les investigations numériques permettent rapidement de remonter jusqu’à une adresse IP située à La Flèche. Les forces de l’ordre interpellent le suspect au domicile qu’il partage avec son frère. Le procès-verbal d’intervention décrit un environnement domestique particulièrement négligé, le logement étant « jonché de détritus ».
“C’était de l’humour” : la défense du prévenu
À la barre, l’accusé présente un profil contrasté. Grand, le crâne rasé et portant des lunettes à montures dorées, il comparaît vêtu d’un pull rouge. Face aux juges, il nie toute adhésion réelle à une idéologie terroriste.
Pour justifier ses écrits, le vingtenaire invoque un contexte personnel difficile. Il explique s’être senti persécuté par d’autres membres de la communauté en ligne, connue pour ses échanges parfois virulents. Selon ses dires, ces messages relevaient de « l’humour ». Un “humour” qu’il attribue également à une forte alcoolisation, précisant qu’il était ivre au moment des faits, alors qu’il n’était pourtant que 9 heures du matin.
Altération du discernement et obligation de soins
L’examen de la personnalité du prévenu a occupé une part centrale des débats. Connu des services de justice, l’homme souffre de schizophrénie. Il a admis avoir interrompu son traitement médicamenteux au moment des faits, une rupture de soins qui a pesé dans son passage à l’acte. L’expertise psychiatrique versée au dossier a d’ailleurs conclu à une altération de son discernement.
Son avocate, Maître Donya Forghani, a insisté sur l’absence de dangerosité immédiate de son client, arguant qu’il n’avait « aucune intention de passer à l’acte ». Elle a plaidé l’incapacité du jeune homme à gérer sa frustration émotionnelle, tout en soulignant sa volonté affichée de reprendre un suivi médical rigoureux.
Le verdict : cinq ans de suivi sociojudiciaire
Tout en reconnaissant l’altération du discernement liée à sa pathologie, le tribunal a tenu à sanctionner la gravité des propos tenus publiquement. Le jeune homme a été condamné à une peine de cinq ans de suivi sociojudiciaire.
Cette mesure implique une obligation de soins stricte et une surveillance régulière par les services d’insertion et de probation. En outre, cette condamnation entraîne son inscription automatique au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes (FIJAIT).
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