Face à la montée des violences et des menaces de mort liées au narcotrafic, les agents sociaux de la MDS des Flamants à Marseille quittent leurs locaux. Retour sur une situation explosive.

Narcotrafic à Marseille : face à la terreur, les services sociaux désertent les Flamants
Victimes d’intimidations croissantes et de menaces directes de la part des réseaux de trafiquants, les agents de la Maison Départementale des Solidarités (MDS) des Flamants, dans le 14e arrondissement de Marseille, ont dû abandonner leur poste. Repliés à l’Hôtel du Département, ils réclament aujourd’hui la sécurisation de leur mission, relate Ici Provence.
La situation était devenue intenable. Depuis une semaine, les locaux de la Maison Départementale des Solidarités (MDS) situés au cœur de la cité des Flamants sont vides. La cinquantaine d’agents du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône qui y œuvraient a exercé son droit de retrait, fuyant un quotidien rythmé par la peur et l’insécurité grandissante liée au trafic de stupéfiants.
Actuellement relocalisés au siège du Département, ces travailleurs sociaux refusent de retourner sur site sans garanties tangibles, mais insistent sur leur volonté de rester implantés dans le 14e arrondissement pour ne pas rompre le lien avec les usagers.
Un climat de terreur et des menaces explicites
Sous couvert d’anonymat, plusieurs agentes décrivent un environnement de travail devenu zone de guerre. Si le mot “narcotrafiquants” est parfois tu par crainte de représailles, la réalité du “réseau” est omniprésente. Le personnel, en contact direct avec la population et donc avec les dealers qui contrôlent les accès, vit dans l’angoisse permanente.
Les témoignages font état d’une escalade de la violence : véhicules personnels dégradés, pneus crevés, carrosseries rayées. Plus grave encore, les trafiquants auraient fiché les agents, relevant leurs plaques d’immatriculation et vérifiant parfois leurs identités. Les pressions verbales sont allées jusqu’aux menaces de viol et de mort, visant non seulement les employés mais aussi leurs familles.
L’intrusion armée : le point de non-retour
La tension est montée d’un cran début octobre lorsque des barricades de poubelles, installées par les dealers pour freiner les interventions policières, ont bloqué les véhicules des agents. Le 6 novembre dernier, un seuil critique a été franchi : des individus armés se sont introduits dans le bureau de la directrice de la structure pour l’intimider.
« On n’a pas envie de mourir au travail », confie une employée, résumant le sentiment général des équipes. Si les familles suivies par la MDS se disent soulagées de voir les agents s’éloigner du danger, le personnel déplore l’absence de soutien psychologique face à ces traumatismes.
Un dialogue difficile avec l’administration
Face à cette crise, le Conseil départemental assure avoir sollicité des renforts policiers et mobilisé une demi-unité de CRS. Une mesure jugée inefficace par les agents de terrain qui affirment ne pas voir les forces de l’ordre sur place. L’annonce de l’ouverture prochaine d’un parking sécurisé et l’installation de vidéosurveillance ne suffisent plus à rassurer des équipes à bout de nerfs.
Les syndicats, notamment la CGT, soutiennent fermement cette décision de retrait. Ils réclament de nouveaux locaux au sein du 14e arrondissement, mais à l’écart des points de deal. Une réunion décisive est programmée la semaine prochaine, rassemblant les services de l’État, le Département et les représentants du personnel pour tenter de sortir de l’impasse sans abandonner les populations les plus précaires.
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C’est une vraie catastrophe ces narcotrafiquants Ă Marseille….
C’est la guĂ©rilla qui s’est installĂ©e..
Bon courage à toutes nos FDO mobilisées face à cette situation