Dès janvier 2026, la ville de Marmande (Lot-et-Garonne) facturera 150 euros aux individus interpellés pour ivresse publique, en plus de l’amende légale. Une mesure pour soulager le contribuable et responsabiliser les auteurs.

Ivresse publique : à Marmande, la police facturera désormais ses interventions aux contrevenants
La municipalité du Lot-et-Garonne a décidé de frapper au portefeuille pour endiguer les nuisances liées à l’alcool sur la voie publique. À compter de janvier 2026, selon les informations de Cnews, toute mobilisation des agents pour gérer une personne en état d’ébriété sera facturée 150 euros, s’ajoutant à la contravention habituelle.
C’est une décision qui marque un tournant dans la gestion de la tranquillité publique locale. La mairie de Marmande a validé un dispositif inédit visant à responsabiliser financièrement les individus interpellés en état d’ivresse manifeste. L’objectif affiché est clair : transférer le coût logistique de ces interventions, jusqu’ici supporté par la collectivité et le contribuable, directement vers les auteurs des troubles.
Faire payer le « service » policier
Cette mesure part d’un constat pragmatique : la mobilisation des forces de l’ordre pour des cas d’alcoolisme représente un coût financier et humain important pour la ville. Charles Cillières, adjoint au maire en charge des ressources humaines, a défendu cette nouvelle ligne de conduite. Selon l’élu, il est légitime de réclamer un dédommagement lorsque plusieurs agents sont monopolisés pendant deux ou trois heures pour gérer un seul individu alcoolisé, au détriment d’autres missions de surveillance et de sécurité.
Sur le terrain, la réalité des interventions est souvent complexe. Les policiers municipaux doivent fréquemment gérer des situations sanitaires dégradantes. Il n’est pas rare que les véhicules de service soient souillés, obligeant les équipes à des nettoyages fréquents et coûteux. Cette facturation forfaitaire de 150 euros vise donc aussi à couvrir ces frais de remise en état et de transport.
Une initiative soutenue par les habitants
Du côté de la population, l’annonce a reçu un accueil majoritairement favorable. Les témoignages recueillis sur place révèlent un sentiment d’agacement face à l’usage des deniers publics pour ces incivilités. « Ce n’est pas aux usagers de payer ces frais-là », résume un résident, estimant normal que les fauteurs de troubles assument les conséquences financières de leur comportement. Pour beaucoup, voir la police municipale transformée en service de transport pour personnes ivres justifie pleinement cette contribution demandée aux fautifs.
La question de la solvabilité et de la récidive
Reste une interrogation majeure : l’efficacité du recouvrement face à des publics parfois précaires. De nombreuses personnes interpellées pour ces faits pourraient ne pas avoir les moyens de régler ces 150 euros supplémentaires.
La municipalité se veut toutefois ferme sur le principe. Même en cas de non-paiement immédiat, la dette est enregistrée. Charles Cillières précise que cette accumulation de créances constitue un élément défavorable qui restera consigné dans le dossier du contrevenant. Ces antécédents pourraient peser lourd lors d’éventuelles comparutions devant la justice. À titre indicatif, en 2024, la police municipale de Marmande a dû effectuer 35 interventions pour des faits d’ivresse sur la voie publique.
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Très bonne initiative, ce n’est pas Ă la communautĂ© de payer ces interventions
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