Deux pompiers hors service ont été violemment agressés et dépouillés à Paris dans la nuit du 23 novembre. Trois ressortissants algériens sous OQTF, interpellés peu après, ont été condamnés en comparution immédiate à de la prison ferme et à une interdiction du territoire français.

Paris : deux pompiers agressés, trois hommes sous OQTF condamnés à la prison ferme
Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 novembre, deux sapeurs-pompiers hors service ont été violemment pris à partie et dépouillés boulevard de Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris. Jugés en comparution immédiate ce mardi 25 novembre, les trois agresseurs, des ressortissants algériens en situation irrégulière, ont été condamnés à des peines de prison ferme assorties d’interdictions de territoire, relate Valeurs actuelles.
Une sortie qui vire au cauchemar
Les faits se sont déroulés aux alentours de 3h40 du matin. Emeric L. et Yan L., deux amis et sapeurs-pompiers de profession, venaient de quitter le pub O’Sullivan pour regagner leur véhicule après une soirée de détente. Selon les éléments rapportés à l’audience, ils ont été abordés par trois individus leur demandant du feu. La situation a immédiatement dégénéré : les deux hommes ont été projetés au sol, roués de coups et délestés de leurs effets personnels, notamment un portefeuille contenant une carte militaire, un collier arborant une croix chrétienne et une carte bancaire.
Yan L., originaire de Dax, a témoigné à la barre du choc “psychologique” et du sentiment d’injustice face à cette “agression gratuite”. Son collègue Emeric, rattaché à la caserne de Colombes (Hauts-de-Seine), présentait quant à lui plusieurs blessures, dont des plaies au crâne et de multiples hématomes.
Interpellés en plein repas avec la carte volée
L’enquête de police a été rapide. Moins d’une heure après l’agression, vers 4h35, une patrouille a repéré trois hommes attablés dans un restaurant du quartier, le “O Délice du Midi”. Ils étaient en train de régler leur repas à l’aide de la carte bancaire dérobée quelques instants plus tôt à l’une des victimes.
Lors de l’interpellation, les forces de l’ordre ont découvert sur les suspects un couteau ainsi que divers stupéfiants (prégabaline, ecstasy, Rivotril). Face aux policiers puis devant le tribunal, les trois hommes — Abdelrahmane Smahi, Macil Chaouche et Rachid Taibek — ont tenté de minimiser leur implication, livrant des versions contradictoires, allant jusqu’à affirmer avoir “trouvé” les objets volés au sol ou avoir eux-mêmes été agressés. Une défense jugée peu crédible par le parquet, qui a souligné l’absence de blessures chez les prévenus, contrairement aux victimes.
Des profils marqués par l’irrégularité et la récidive
L’audience a mis en lumière le parcours chaotique des trois prévenus, tous sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Abdelrahmane Smahi, 24 ans, demandeur d’asile débouté aux Pays-Bas, et Macil Chaouche, 32 ans, en attente de titre de séjour, ont comparu aux côtés de Rachid Taibek. Ce dernier, âgé de 32 ans et père de deux enfants, présentait le profil le plus lourd : toxicomane, déjà condamné pour vol et en état de récidive légale, il cumulait plusieurs alias et une interdiction administrative de retour.
Le tribunal a suivi en grande partie les réquisitions du procureur, prononçant des peines fermes avec mandat de dépôt immédiat. Rachid Taibek a été condamné à 12 mois de prison ferme et 5 ans d’interdiction du territoire français (ITF). Ses deux complices, Abdelrahmane Smahi et Macil Chaouche, ont écopé de 8 mois de prison (dont 4 avec sursis) et d’une interdiction du territoire de 3 ans.
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