Deux mis en examen pour la mort de Shemseddine, collégien tué en 2024, ont été libérés en raison d’un vide juridique sur les mineurs.

Mort de Shemseddine à Viry-Châtillon : deux mis en examen remis en liberté à cause d’un vide juridique
Deux jeunes mis en examen pour avoir tué Shemseddine, collégien de 15 ans, à Viry-Châtillon en avril 2024, ont recouvré la liberté vendredi. Une décision provoquée par un vide législatif touchant la détention provisoire des mineurs mis en cause dans des affaires criminelles.
Un drame survenu à la sortie du collège
En avril 2024, Shemseddine, âgé de 15 ans, avait été violemment agressé alors qu’il quittait son établissement scolaire à Viry-Châtillon, dans l’Essonne. Plusieurs adolescents d’un quartier voisin l’avaient roué de coups, lui reprochant d’avoir échangé avec leur sœur. Grièvement blessé, le collégien était décédé le lendemain à l’hôpital, plongeant sa famille et sa commune dans la sidération.
Sur les cinq personnes initialement mises en examen, dont certaines pour assassinat, seules deux restent aujourd’hui poursuivies. Elles le sont pour coups volontaires en réunion ayant entraîné la mort, selon des informations concordantes proches du dossier.
Une remise en liberté fondée sur un vide juridique
Les deux mis en examen, mineurs au moment des faits et désormais majeurs, ont obtenu leur libération à l’issue d’une audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. En cause : un vide législatif apparu depuis le 1er juillet, qui empêche désormais le maintien en détention provisoire des mineurs poursuivis pour des faits criminels jusqu’à leur procès, relate Le Républicain lorrain.
Cette situation découle d’une décision du Conseil constitutionnel rendue en juin 2025. Les juges avaient alors censuré une disposition du Code de la justice pénale des mineurs, tout en accordant un délai d’un an au législateur pour adapter le texte. Ce délai s’est écoulé sans qu’aucune réforme n’ait été adoptée, créant le vide juridique à l’origine de cette libération.
La colère de l’avocate de la famille
Pour Me Pauline Ragot, qui représente la mère de Shemseddine, cette décision illustre des dysfonctionnements graves. « Cette décision est la résultante d’une succession de fautes et failles procédurales ayant conduit à un réel naufrage judiciaire », dénonce-t-elle.
L’avocate souligne la difficulté d’expliquer cette situation à une mère « littéralement détruite » : les personnes mises en cause dans la mort de son fils, dans des circonstances qu’elle qualifie de barbares et qui encourent de lourdes peines de réclusion criminelle, se retrouvent aujourd’hui libres en raison d’une carence législative.
Un correctif législatif attendu
Face à cette faille, le gouvernement a annoncé son intention d’agir rapidement. Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la justice criminelle actuellement débattu à l’Assemblée nationale, un amendement sera déposé pour corriger cette inconstitutionnalité, selon la Chancellerie. Une adoption est espérée d’ici la mi-juillet, ce qui permettrait de rétablir un cadre légal pour la détention provisoire des mineurs mis en cause dans des affaires criminelles.
En attendant cette réforme, l’affaire Shemseddine continue de mettre en lumière les conséquences concrètes d’un vide juridique sur des dossiers sensibles, entre attente de justice pour les familles des victimes et respect des droits procéduraux des personnes mises en examen.
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Encore une fois de plus la soit disant justice ne fait pas son travail face aux victimes et la racaille en profite ❗👎🏼😡🤮