Le gérant de la société Horizon Dordogne a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Soupçonné d’avoir vendu des camping-cars sans reverser l’argent aux propriétaires, il laisse un préjudice estimé à 2 millions d’euros.

Escroquerie aux camping-cars en Dordogne : le gérant placé sous contrôle judiciaire face à l’ampleur du préjudice
L’affaire qui secoue le marché du camping-car en Dordogne connaît une accélération judiciaire majeure. Thomas Demarthe, à la tête de la société Horizon Dordogne, fait désormais l’objet de poursuites officielles après son placement en garde à vue. La justice estime le préjudice global à près de 2 millions d’euros, relate Ici Périgord.
L’étau se resserre autour de la gestion de l’entreprise Horizon Dordogne. Suite à une vague de mécontentement sans précédent, matérialisée par le dépôt de 70 plaintes, le procureur de la République de Périgueux a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire. Le gérant, Thomas Demarthe, a été entendu par les enquêteurs de la police judiciaire de Périgueux le 25 novembre dernier dans le cadre d’une garde à vue.
Au terme de son audition, le chef d’entreprise a été remis en liberté mais reste soumis à un contrôle judiciaire strict. Les chefs d’accusation retenus sont lourds : abus de confiance, escroquerie et escroquerie par personne morale.
Des véhicules vendus, mais des propriétaires jamais payés
Le mécanisme dénoncé par les plaignants repose sur un système de dépôt-vente défaillant. Les propriétaires confiaient leurs camping-cars à l’entreprise pour la revente. Si les véhicules trouvaient bien preneurs et quittaient le parc, l’argent de la transaction n’était jamais reversé aux vendeurs initiaux.
Les sommes en jeu sont considérables. Selon les éléments de l’enquête, les montants dus à chaque particulier oscillent entre 10 000 et 110 000 euros. À ce stade des investigations, le parquet évalue le “trou” financier global à environ 2 millions d’euros, laissant des dizaines de familles dans l’incertitude.
“J’ai perdu le contrôle de la société”
Interrogé par nos confrères début novembre, Thomas Demarthe avait tenté de s’expliquer sur cette situation critique. L’entrepreneur, installé depuis 2016, évoquait une gestion qui a dérapé au cours des douze derniers mois. “J’ai mal géré ma société sur la dernière année. Sur le dernier mois, j’ai perdu pied, j’ai perdu le contrôle”, avait-il confié.
Cependant, un point particulier de sa défense soulève des questions éthiques et juridiques. Le gérant a admis avoir continué à démarcher de nouveaux clients via des plateformes comme Le Bon Coin, alors même que la trésorerie ne permettait plus d’honorer les dettes existantes.
Il qualifiait cette fuite en avant de tentative désespérée pour “sauver les meubles”, tout en concédant le caractère répréhensible de la démarche : “Ce n’est pas bien. Ce n’est pas honnête effectivement, mais on essaye de faire le nécessaire”. Désormais, c’est un juge d’instruction qui aura la charge de faire toute la lumière sur ce dossier complexe.
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