Lucas Philippe a été élu président d’Interpol ce jeudi à Marrakech. Il devient le troisième Français à diriger l’organisation de police criminelle basée à Lyon. Découvrez son parcours et ses ambitions.

Un nouveau chapitre s’ouvre pour la coopération policière internationale. Réunis à Marrakech ce jeudi, les délégués d’Interpol ont désigné le Français Lucas Philippe comme nouveau président de l’organisation, relate Le Télégramme.
C’est une victoire diplomatique et symbolique pour la France. Lucas Philippe, actuel contrôleur général de la Police nationale, a remporté l’élection à la présidence d’Interpol face à une concurrence internationale soutenue. À 53 ans, ce conseiller aux affaires européennes et internationales auprès du directeur général de la Police nationale (DGPN) inscrit son nom dans l’histoire de l’institution.
Il devient ainsi le troisième représentant tricolore à occuper ce poste prestigieux au sein de l’organisation dont le siège mondial est installé à Lyon. Il marche dans les pas d’Ivan Barbot (1988-1992) et de Mireille Ballestrazzi (2012-2016), confirmant l’influence française en matière de sécurité globale.
Une élection disputée face à trois concurrents
Le scrutin, qui s’est tenu au Maroc, a vu le candidat français s’imposer face à trois autres profils de haut niveau : l’Éthiopien Demelash Gebremicheal, la Namibienne Anne-Marie Nainda et le Turc Mustafa Serkan Sabanca.
Lucas Philippe succède à l’Émirati Ahmed Nasser Al-Raisi. Ce changement de gouvernance intervient après des mandats précédents marqués par des controverses, notamment les accusations de torture visant le président sortant et la condamnation pour corruption de son prédécesseur chinois, Meng Hongwei.
Un mandat de représentation et d’influence
Élu pour une durée de quatre ans, le nouveau président assumera une fonction principalement honorifique et de supervision. En effet, selon les statuts d’Interpol, la direction opérationnelle quotidienne reste entre les mains du Secrétaire général. Ce poste clé est occupé depuis novembre 2024 par le Brésilien Valdecy Urquiza.
Toutefois, Lucas Philippe entend bien peser sur les orientations stratégiques. Durant sa campagne, il a affiché une ambition claire : « Consolider le rôle de l’organisation en tant que référence mondiale de la sécurité collective ». Il souhaite qu’Interpol ne soit pas seulement un outil de gestion de crises majeures, mais un « appui quotidien et concret » pour l’ensemble des pays membres.
De la Brigade criminelle Ă la diplomatie
Ce succès électoral repose en grande partie sur le profil complet du nouveau président, alliant expérience de terrain et expertise internationale. Ancien officier de police judiciaire à Paris, il a fait ses armes au sein de la section criminelle de la célèbre Brigade criminelle.
Son parcours l’a ensuite mené vers des fonctions diplomatiques en tant qu’attaché de sécurité intérieure, avec des postes sensibles en Libye et à Singapour. Son CV se distingue également par une parenthèse entrepreneuriale en Asie, où il a fondé des sociétés dans les domaines de la technologie et de la sécurité.
Une vision : « L’international, c’est le national »
Réputé pour son franc-parler, Lucas Philippe défend une approche pragmatique de la sécurité. Sa devise, « l’international, c’est le national », résume sa conviction que la protection des citoyens à l’intérieur des frontières dépend intrinsèquement de la qualité de la coopération extérieure.
Pour le nouveau président, la mécanique est vertueuse : chaque information partagée et chaque action conjointe renforcent le maillage sécuritaire global. Une vision qu’il devra désormais porter au plus haut niveau depuis Lyon.
(Merci Yann Bourguignon)
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