Un militaire de 29 ans a été condamné à Pau à neuf mois de prison avec sursis pour avoir usurpé l’identité de 24 médecins et vendu 800 faux arrêts de travail et fausses ordonnances à 300 personnes via Telegram. Son escroquerie, estimée à 23 000 euros, a été démantelée après la plainte d’un médecin béarnais.

Pau : un militaire condamné pour un vaste trafic de faux arrêts maladie et ordonnances
À Pau, un homme de 29 ans a été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour avoir organisé un trafic national de faux arrêts de travail et de fausses ordonnances. En usurpant l’identité de 24 médecins, ce militaire toulousain a écoulé près de 800 documents auprès de 300 clients via la messagerie chiffrée Telegram, pour un préjudice estimé à 23 000 euros, relate France Info.
Un trafic démantelé à Pau
Le tribunal correctionnel de Pau (Pyrénées-Atlantiques) a jugé lundi 8 décembre un militaire âgé de 29 ans, originaire de Toulouse. Le prévenu a été reconnu coupable d’escroquerie pour avoir monté un trafic de faux documents médicaux à l’échelle nationale.
Entre la fin juin 2024 et la mi-mars 2025, il proposait à la vente de faux arrêts de travail et de fausses ordonnances. Les transactions se faisaient exclusivement via la messagerie cryptée Telegram, ce qui lui permettait de toucher une clientèle répartie dans toute la France.
Usurpation d’identité de 24 médecins
Pour rendre ses faux documents crédibles, le jeune homme a usurpé l’identité de 24 médecins installés dans plusieurs régions françaises. Il reprenait leurs noms, cachets et coordonnées pour fabriquer de faux arrêts de travail et de fausses prescriptions.
Un médecin installé à Morlaà s, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été l’un des premiers à repérer l’arnaque. Face à des documents suspects circulant en son nom, il a alerté les autorités et déposé plainte en septembre 2024. Cette démarche a contribué à déclencher l’enquête qui a finalement conduit à l’interpellation du faussaire.
800 documents vendus Ă 300 clients
Au total, les investigations ont mis au jour la vente d’environ 800 documents falsifiés. Selon les éléments retenus par le tribunal, près de 300 personnes auraient eu recours à ses services pour obtenir de faux arrêts de travail ou de fausses ordonnances.
Les prix pratiqués variaient de 15 à 60 euros par document. Les clients les plus réguliers bénéficiaient de « traitements de faveur » et de tarifs privilégiés. L’un d’eux a ainsi acheté à lui seul 58 documents sur la période. Le montant global de l’escroquerie est évalué à 23 000 euros.
Un prévenu « addict » aux jeux et aux faux arrêts
À la barre, le prévenu a d’abord expliqué être tombé dans une forte dépendance aux jeux d’argent. Selon lui, cette situation l’aurait poussé à monter ce système de vente de faux documents pour trouver des ressources rapides.
Il a également affirmé être devenu « addict » aux faux arrêts maladie, assurant qu’il pensait jouer un rôle d’intermédiaire entre des médecins et des patients, et non celui d’un faussaire chevronné. La présidente du tribunal a toutefois rappelé l’ampleur de l’organisation mise en place, avec un véritable réseau de clients et une logistique structurée.
Ironie de la situation, au moment de son interpellation, le militaire se trouvait lui-mĂŞme en arrĂŞt de travail.
Peine prononcée et indemnisations
Pour ces faits d’escroquerie, le tribunal correctionnel de Pau a condamné le jeune homme à une peine de neuf mois de prison avec sursis. Il devra également s’acquitter d’une amende de 3 000 euros.
Le prévenu a été relaxé des poursuites pour blanchiment d’argent. En revanche, il est condamné à indemniser les parties civiles. La CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) de Pau, qui s’était constituée partie civile, doit recevoir 323,95 euros au titre de son préjudice. L’un des médecins dont l’identité a été usurpée percevra 800 euros de dommages et intérêts.
Le condamné dispose d’un délai de dix jours pour faire appel de cette décision.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





