Condamné à 25 ans de réclusion pour viols aggravés, tortures et proxénétisme sur son ex-compagne, Guillaume B. a nié être “un monstre” lors de ce procès à Digne-les-Bains.

25 ans de réclusion pour l’homme qui a martyrisé sa compagne pendant sept ans
Reconnu coupable de viols aggravés, d’actes de torture et de barbarie ainsi que de proxénétisme par la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, un ancien directeur d’agence bancaire de 51 ans a été condamné ce samedi 23 mai à Digne-les-Bains à vingt-cinq ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté des deux tiers.
Un verdict en deçà des réquisitions du parquet
La délibération de la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence a abouti à une peine de 25 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Guillaume B., 51 ans, relate Ici Provence. Le ministère public avait pourtant requis la réclusion à perpétuité, estimant la gravité et la répétition des faits suffisamment exceptionnelles pour justifier la peine maximale. La juridiction a également prononcé une période de sûreté correspondant aux deux tiers de la peine, ce qui signifie que le condamné ne pourra solliciter aucun aménagement avant d’avoir purgé plus de seize ans d’emprisonnement.
Sept ans de violences d’une extrême gravité
Pendant une semaine d’audience, le tribunal a eu à examiner des faits d’une particulière violence. L’accusé, ancien cadre du secteur bancaire, était poursuivi pour avoir infligé à Laëtitia R., sa compagne durant sept années, des sévices multiples et répétés : coups, brûlures, étranglements, tatouage à caractère dégradant, actes de zoophilie et de scatophilie. Il lui aurait également imposé des relations sexuelles avec des tiers, dont le nombre s’élèverait à près de cinq cents selon les déclarations de la victime.
L’essentiel de ces faits n’a pas été contesté par Guillaume B. lui-même à la barre. La ligne de défense adoptée reposait entièrement sur la notion de consentement : l’accusé a soutenu tout au long des débats que sa relation avec Laëtitia R. s’inscrivait dans le cadre d’une pratique sadomasochiste librement consentie par les deux parties.
“Je ne pensais pas faire mal”
Lors de sa dernière prise de parole avant le prononcé du verdict, Guillaume B. a déclaré regretter “certaines choses”, tout en se défendant d’être “le monstre qu’on décrit”. Visiblement ému, il a affirmé que ce procès avait constitué pour lui “un accélérateur de prise de conscience”. Des mots qui n’ont manifestement pas emporté la conviction du jury populaire.
La défense plaide la disproportion de la peine
Les avocats de la défense ont contesté le quantum de peine requis par l’avocate générale, le jugeant “disproportionné” et “réservé à des meurtriers”. L’un d’eux, Maître Arnaud Lucien, a rappelé que les faits eux-mêmes n’étaient pas au cœur du litige, mais bien la question centrale du consentement. Sa consœur, Maître Charlotte Barriol, a mis en avant la teneur des échanges écrits entre les deux protagonistes, estimant qu’ils attestaient du caractère volontaire de la participation de Laëtitia R. à ces pratiques.
La cour n’a pas retenu cette interprétation, prononçant une condamnation ferme pour l’ensemble des chefs d’accusation.
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