Mise en cause dans une enquête pour corruption, Rachida Dati a vu ses domiciles parisiens et la mairie du VIIe perquisitionnés dans le cadre d’investigations pilotées par le Parquet national financier. La ministre de la Culture, déjà renvoyée en procès pour corruption et trafic d’influence, continue de contester les faits alors qu’elle mène campagne pour la mairie de Paris en 2026.

Rachida Dati perquisitionnée à Paris dans une enquête pour corruption
Une ministre en pleine campagne municipale dans le viseur de la justice
Les domiciles parisiens de Rachida Dati, ministre de la Culture et maire (LR) du VIIe arrondissement, ainsi que les locaux de sa mairie ont été perquisitionnés ce jeudi matin à Paris, rapporte Le Parisien.
Ces opérations s’inscrivent dans une enquête pour corruption ouverte à l’automne 2024 par le Parquet national financier (PNF) et confiée à deux juges d’instruction.
Une série de perquisitions menées par l’OCLCIFF
Les investigations ont été conduites par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).
Selon des éléments concordants, les enquêteurs ont ciblé plusieurs adresses liées à Rachida Dati, dont ses domiciles parisiens et la mairie du VIIe arrondissement, qu’elle dirige depuis 2008.
Ces perquisitions s’inscrivent dans une série de mesures d’enquête destinées à éclaircir les relations entre l’actuelle ministre de la Culture et la société GDF-Suez, devenue depuis Engie.
Les juges d’instruction cherchent à reconstituer la nature exacte des prestations et des flux financiers entre l’élue et le groupe énergétique.
Des rémunérations contestées au cœur des soupçons
Au centre du dossier, la justice s’intéresse à des sommes que Rachida Dati aurait perçues de GDF-Suez entre 2010 et 2011, période durant laquelle elle siégeait au Parlement européen.
Les montants évoqués atteindraient 299 000 euros pour des missions de conseil dont la réalité et l’ampleur font l’objet d’un examen approfondi.
Une information judiciaire a été formellement ouverte le 14 octobre 2024, notamment pour des faits présumés de corruption et d’infractions financières.
Rachida Dati conteste ces accusations et maintient qu’elle a respecté ses obligations, tant professionnelles qu’électorales, lors de la période concernée.
Une information judiciaire aux qualifications lourdes
Les qualifications pénales examinées par les magistrats sont particulièrement graves.
Rachida Dati est notamment visée pour des soupçons de « corruption active et passive », de « trafic d’influence auprès d’une organisation internationale publique », et d’« abus de bien social » ainsi que d’« abus de confiance ».
L’information judiciaire mentionne également des faits présumés de « détournement de fonds publics par une personne investie d’un mandat public », ainsi que de « recel et blanchiment » des délits en cause.
Ces investigations ne préjugent pas de la culpabilité de l’intéressée, qui bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucune condamnation définitive n’est prononcée.
Un autre procès pour corruption prévu en 2026
Parallèlement à cette nouvelle affaire, Rachida Dati doit déjà comparaître devant le tribunal correctionnel en septembre 2026.
Elle y sera jugée pour corruption et trafic d’influence passifs dans un dossier distinct impliquant Carlos Ghosn, ancien dirigeant du groupe Renault-Nissan.
La ministre est soupçonnée d’avoir perçu environ 900 000 euros entre 2010 et 2012, dans le cadre d’une convention d’honoraires signée le 28 octobre 2009 avec RNBV, une filiale de l’alliance Renault-Nissan.
Les enquêteurs s’interrogent sur la réalité des prestations de conseil fournies, alors qu’elle exerçait simultanément comme avocate et députée européenne.
Une campagne municipale Ă hauts risques pour 2026
Maire du VIIe arrondissement depuis 2008, Rachida Dati achève son troisième mandat local.
Elle est investie par Les Républicains pour conduire la liste de droite aux élections municipales de mars 2026 à Paris.
Soutenue par le MoDem, l’UDI et une partie de la majorité présidentielle au sein de Renaissance, la ministre mène depuis plusieurs semaines une campagne offensive contre l’exécutif socialiste de l’Hôtel de Ville.
Sa stratégie repose sur une critique frontale du bilan de l’équipe sortante, alors même que les procédures judiciaires en cours viennent peser sur sa candidature.
Une deuxième tentative pour conquérir Paris
La candidature de Rachida Dati en 2026 marque sa deuxième tentative pour s’emparer de la mairie de Paris.
En 2020, elle s’était déjà présentée comme chef de file de la droite parisienne et avait été battue au second tour par la maire sortante, Anne Hidalgo (PS).
Cette fois, l’ancienne garde des Sceaux espérait capitaliser sur son expérience locale et son exposition nationale grâce à son portefeuille ministériel.
Les développements judiciaires en cours pourraient toutefois rebattre les cartes d’une campagne déjà très polarisée dans la capitale.
(Merci Yann Bourguignon)
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Pourquoi est-ce qu’on ne la rend pas inĂ©ligible a priori comme on sait si bien le faire pour d’autres ?