Un collectif de neuf avocats réclame l’ouverture d’une enquête déontologique contre Nicolas Sarkozy, inscrit au barreau de Paris depuis 1981. Ses condamnations définitives pour corruption et financement illégal soulèvent la question : peut-il encore exercer la profession d’avocat ?

Nicolas Sarkozy visé par une procédure disciplinaire : des confrères réclament sa radiation
Selon les informations du Parisien, un collectif d’avocats parisiens a déposé mardi une demande d’enquête déontologique auprès de la procureure générale de Paris. Leur cible : Nicolas Sarkozy, membre du barreau depuis plus de 40 ans et condamné à deux reprises par la justice. Cette initiative soulève une question explosive : un avocat définitivement condamné peut-il continuer d’exercer ?
Une initiative portée par neuf avocats parisiens
Mardi, neuf membres du barreau de Paris ont franchi le pas. Leur démarche auprès de la procureure générale vise à déclencher une enquête déontologique contre l’ancien chef de l’État, devenu avocat depuis 1981. Pour ces professionnels du droit, les condamnations pénales définitives prononcées à l’encontre de Nicolas Sarkozy constituent une violation flagrante des règles déontologiques qui régissent leur profession.
Me Jérôme Karsenti, l’un des signataires de cette saisine, ne mâche pas ses mots. Selon lui, l’ancien président ne remplit plus les conditions pour incarner la profession d’avocat. La probité, principe fondamental inscrit dans le code de déontologie, serait incompatible avec un casier judiciaire comportant plusieurs condamnations définitives.
Deux condamnations pénales définitives au cœur de la polémique
L’ancien locataire de l’Élysée, inscrit sous le numéro de toque R175, est membre du cabinet Realyze depuis près de quatre décennies. Mais son parcours judiciaire vient aujourd’hui heurter les principes fondamentaux de la profession. Deux affaires ont abouti à des condamnations sans possibilité de recours : l’affaire Bismuth pour corruption et trafic d’influence, et le dossier Bygmalion relatif au financement de sa campagne présidentielle de 2012.
Me Jérôme Giusti, également membre du collectif, déplore l’inaction face à cette situation. Pour lui, une première condamnation pénale constitue déjà un manquement grave aux obligations déontologiques. Lorsque plusieurs condamnations s’accumulent sans qu’aucune mesure disciplinaire ne soit prise, la situation devient intenable pour l’image de la profession.
Les mécanismes disciplinaires du barreau
L’ancien bâtonnier de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel, éclaire les procédures susceptibles d’être déclenchées. Le bâtonnier dispose du pouvoir de saisir directement le conseil de discipline. Parallèlement, le parquet général peut transmettre à l’Ordre des avocats les condamnations pénales définitives afin qu’une suite disciplinaire soit donnée.
Les sanctions envisageables s’échelonnent selon plusieurs degrés de gravité, la radiation constituant la mesure la plus sévère. Toutefois, aucune disposition réglementaire ne prévoit qu’une condamnation pénale entraîne automatiquement l’exclusion du barreau. L’ancien bâtonnier observe que la procureure générale aurait probablement agi de sa propre initiative, suggérant que la démarche du collectif revêt peut-être une dimension davantage politique que strictement déontologique.
Une plainte antérieure pour outrage à magistrats
Cette nouvelle saisine ne constitue pas la première initiative de ce collectif d’avocats. En octobre dernier, après la condamnation en première instance de Nicolas Sarkozy dans l’affaire libyenne, ces mêmes professionnels avaient déposé plainte pour outrage à magistrats. Les déclarations de l’ancien président, affirmant ne pas plier face au mensonge et dénonçant des pratiques contraires à l’État de droit, avaient déclenché leur réaction.
Le code de déontologie des avocats garantit certes une liberté d’expression totale, mais impose simultanément l’interdiction de dénigrer l’État de droit ou de tenir des propos généralement dégradants envers la justice. Pour Me Giusti, maintenir Nicolas Sarkozy au barreau constitue une atteinte directe à la réputation de l’institution parisienne et à l’ensemble de la profession.
Les conséquences pour le barreau de Paris
Les avocats à l’origine de cette démarche se considèrent comme victimes collatérales de cette situation. Selon eux, le maintien d’un confrère définitivement condamné nuit à la crédibilité du barreau de Paris et porte préjudice à l’ensemble des professionnels qui respectent scrupuleusement leurs obligations déontologiques.
L’Ordre des avocats de Paris devra désormais se prononcer sur cette demande d’enquête. Sa décision, quelle qu’elle soit, établira un précédent significatif concernant les limites acceptables entre engagement politique, liberté d’expression et respect des obligations déontologiques inhérentes à la profession d’avocat.
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Pfffff n’importe quoi… Il exerce ?? Je ne crois pas….
Il me semble qu’il y aurait d’autres personnes qui devraient ĂŞtre radiĂ©es… Encore une Ă©quipe de gaucho…