Un ancien professeur de danse d’Aix-en-Provence, se présentant comme hypnothérapeute, est jugé à partir du 5 janvier 2026 pour avoir drogué et violé près de 20 femmes entre 2010 et 2021. Les enquêteurs ont découvert des vidéos des agressions dans son ordinateur.

Un faux hypnothérapeute jugé pour viols en série sous soumission chimique à Aix-en-Provence
Un ancien professeur de danse est accusé d’avoir drogué et violé près de vingt femmes pendant plus d’une décennie. Le procès s’ouvre ce lundi devant la cour criminelle des Bouches-du-Rhône, relate France Info.
La cour criminelle d’Aix-en-Provence examine à partir de ce lundi 5 janvier une affaire de soumission chimique aux dimensions exceptionnelles. Un homme de 48 ans, ancien professeur de danse, comparaît pour avoir prétendument drogué et agressé sexuellement une vingtaine de femmes sur une période de onze ans. Les débats, prévus sur deux semaines, pourraient se dérouler à huis clos si l’une des parties civiles en fait la demande.
L’affaire présente des similitudes troublantes avec le dossier des viols de Mazan, notamment par le caractère méthodique des agressions et l’enregistrement systématique des actes commis.
Un stratagème sous couvert de séances thérapeutiques
L’accusé se présentait comme hypnothérapeute auprès de ses victimes présumées, bien qu’il ait reconnu devant les enquêteurs ne posséder aucune qualification dans ce domaine. Son mode opératoire reposait sur la proposition de consultations d’hypnose, durant lesquelles il aurait administré des substances psychoactives à ses patientes.
Les investigations ont révélé l’utilisation de GHB et de Zolpidem, un somnifère puissant, pour placer ses victimes dans un état d’inconscience ou de vulnérabilité extrême. Les femmes ciblées se réveillaient généralement avec des souvenirs fragmentaires ou une absence totale de mémoire des événements.
Une enquête déclenchée par le courage d’une première victime
L’affaire émerge en juin 2019 lorsqu’une jeune femme de 24 ans se rend au commissariat aixois pour déposer plainte. Elle relate avoir consulté l’homme pour une séance d’hypnose et avoir ressenti d’intenses bouffées de chaleur après avoir bu un verre de vin qu’il lui avait servi. Son réveil s’accompagnait de souvenirs partiels troublants.
Les analyses toxicologiques pratiquées confirment la présence de GHB dans son organisme. Des traces de Zolpidem sont également détectées sur une mèche de cheveux, démontrant l’administration de substances chimiques. Une deuxième plainte pour des faits identiques est enregistrée quinze mois plus tard, en septembre 2020.
Des preuves accablantes découvertes lors des perquisitions
Le 26 mars 2021, une information judiciaire est ouverte et l’homme est interpellé puis placé en garde à vue. Il demeure en détention provisoire depuis cette date. Les enquêteurs saisissent son matériel informatique et y découvrent des dizaines de fichiers photographiques et vidéo documentant ses agressions.
Les images montrent des femmes dans un état de somnolence avancée ou totalement inconscientes, subissant des violences sexuelles. L’organisation minutieuse des fichiers, classés et répertoriés par prénoms des victimes, révèle un comportement systématique et planifié. Cette méthodologie rappelle celle employée dans l’affaire des viols de Mazan, où l’agresseur archivait également ses crimes.
Une série d’agressions s’étendant sur plus de dix ans
Les investigations ont permis d’établir que les faits se sont déroulés entre 2010 et 2021, soit pendant plus d’une décennie. Dix-neuf femmes se sont constituées partie civile dans ce dossier. L’accusé est poursuivi pour viols aggravés, notamment sur personne vulnérable et avec administration de substance nuisible, ainsi que pour atteinte à l’intimité par enregistrement d’images.
Face aux éléments matériels rassemblés par les enquêteurs, l’homme a fini par reconnaître les faits qui lui sont reprochés. Cette reconnaissance n’efface cependant pas l’ampleur du préjudice subi par les victimes présumées.
Des plaintes antérieures classées sans suite
L’examen du parcours de l’accusé révèle que deux plaintes avaient déjà été déposées contre lui en 2001. Sa cousine l’accusait de lui avoir servi une boisson après laquelle elle s’était retrouvée dans l’incapacité de bouger, assistant impuissante à une agression. Une collègue de travail avait également signalé trois épisodes de perte de conscience totale après avoir consommé des boissons servies par le professeur de danse.
Ces deux plaintes avaient été classées sans suite à l’époque. Les deux victimes présumées ne peuvent désormais plus se constituer partie civile, les faits étant frappés de prescription. Cette situation soulève des interrogations sur d’éventuelles occasions manquées d’intervention judiciaire précoce.
Un procès aux enjeux considérables pour les victimes
L’avocat Lionel Escoffier, ancien bâtonnier, représente l’une des dix-neuf parties civiles. Sa cliente aurait été droguée et agressée lors d’une soirée passée avec l’accusé. Le défenseur souligne que pour cette femme, la publicité des débats constitue un élément fondamental de son processus de reconstruction personnelle.
“Elle témoigne pour elle-même, mais également pour toutes les autres victimes, celles dont l’action est prescrite ou celles qui n’ont pas souhaité se porter partie civile”, précise l’avocat. La législation autorise toutefois qu’une seule des dix-neuf parties civiles puisse demander le huis clos intégral, les victimes d’agressions sexuelles bénéficiant de cette protection procédurale.
Le procès devrait durer deux semaines et permettre d’examiner l’ensemble des chefs d’accusation portés contre cet homme qui opérait sous le masque de la thérapie pour commettre ses crimes présumés.
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