Un stagiaire de la police municipale parisienne est poursuivi pour viol aggravé après avoir hébergé une connaissance à Nantes. La victime aurait été droguée à la Prégabaline avant l’agression. Remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Nantes : un aspirant policier municipal mis en examen pour viol par soumission chimique
Un stagiaire de la Ville de Paris, en formation pour devenir policier municipal, fait l’objet d’une mise en examen pour viol aggravé par administration de substance. Les faits se seraient produits fin décembre 2024 au domicile nantais du mis en cause, où séjournait la plaignante. Après plusieurs semaines de détention provisoire, l’homme de 38 ans a été remis en liberté sous contrôle judiciaire par la cour d’appel de Rennes.
Une hospitalité qui vire au cauchemar
El-Mehdi A., aspirant agent de la fonction publique territoriale, avait proposé d’héberger une connaissance se trouvant temporairement sans logement. La jeune femme résidait dans l’appartement nantais du trentenaire, qui effectuait des allers-retours de plus en plus fréquents depuis Paris.
Le 30 décembre 2024, la situation bascule. Selon les déclarations de la plaignante, son hôte tente de l’embrasser dans le salon avant qu’elle ne se retire dans sa chambre. Au réveil le lendemain, elle découvre avoir été déshabillée pendant son sommeil. L’homme justifie son geste en affirmant l’avoir simplement aidée à se coucher en raison de son état d’ébriété.
Des confidences accablantes auprès de tiers
L’affaire prend une tournure plus grave lorsque la victime se confie à une amie. Cette dernière lui révèle alors que le mis en cause s’est vanté auprès d’elle d’avoir eu des relations sexuelles avec la plaignante, ajoutant qu’il ne fallait surtout pas en parler car elle ne s’en souviendrait pas.
Un barman témoigne également avoir entendu El-Mehdi A. évoquer une relation sexuelle avec la jeune femme rentrée ivre, tout en suggérant qu’elle refuserait d’assumer les faits. Ces déclarations contradictoires avec la version défendue par l’intéressé interpellent les enquêteurs.
La découverte de médicaments détournés
En effectuant le ménage, la plaignante tombe sur une plaquette de Prégabaline, médicament antiépileptique pouvant être détourné comme stupéfiant. Elle se souvient alors que son hôte lui avait proposé à plusieurs reprises de prendre ce traitement en décembre pour soulager des règles douloureuses ou des maux de tête. Elle avait systématiquement refusé.
Les analyses toxicologiques confirment pourtant la présence de cette substance dans ses urines. L’enquête révèle par ailleurs que le policier municipal stagiaire est consommateur régulier d’ecstasy et utilise des gélules pour les détourner lors de soirées.
Des explications jugées peu crédibles
Face aux enquêteurs, El-Mehdi A. se montre incapable de justifier la présence de Prégabaline à son domicile et dans l’organisme de la victime, affirmant ne jamais en consommer. Concernant la découverte de traces ADN sur les sous-vêtements de la plaignante, il avance l’hypothèse d’un transfert par le panier à linge commun, évoquant ses habitudes de masturbation.
Ces justifications n’ont pas convaincu le parquet, qui a requis et obtenu son placement en détention provisoire le 24 décembre 2025, soit près d’un an après le dépôt de plainte.
Une remise en liberté malgré le contexte post-Mazan
L’avocat du mis en cause, qui ne présente aucun antécédent judiciaire et n’a pas tenté d’intimider les témoins, a saisi la chambre de l’instruction. Le parquet général s’inquiétait de la double personnalité du suspect et du contexte actuel.
L’avocate générale a rappelé en audience que l’affaire intervient après le retentissement du procès Pelicot concernant les viols de Mazan, qui a sensibilisé l’opinion publique à la soumission chimique. Malgré ces arguments, la juridiction d’appel a décidé de placer El-Mehdi A. sous contrôle judiciaire avec obligation de résider chez son père dans le XXe arrondissement parisien.
L’instruction se poursuit pour déterminer les circonstances exactes des faits reprochés à ce candidat dont la carrière dans la police municipale se trouve désormais compromise.
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