Le SDIS de l’Hérault révoque deux pompiers volontaires de la caserne de Gigean pour violences racistes et harcèlement envers un collègue d’origine maghrébine. Les faits remontent à 2020 et incluent propos racistes et photomontages.

Hérault : deux pompiers volontaires révoqués pour violences racistes et harcèlement
Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Hérault a prononcé lundi 13 janvier la révocation de deux sapeurs-pompiers volontaires. Cette décision fait suite à une enquête administrative d’un an révélant des faits graves de harcèlement et de violences à caractère raciste survenus au sein de la caserne de Gigean. La victime, un jeune pompier volontaire d’origine maghrébine, a subi ces agissements pendant plusieurs années, relate Ici Hérault.
Des faits survenus en 2020 révélés cinq ans plus tard
Les agissements remontent à 2020, mais n’ont été portés à la connaissance du grand public qu’en novembre 2025 après une révélation médiatique. Le SDIS 34 a immédiatement lancé une enquête administrative approfondie pour établir la matérialité des faits et déterminer les responsabilités individuelles.
Le conseil de discipline, réuni lundi, a examiné le dossier impliquant trois pompiers volontaires. Deux d’entre eux, tous deux gradés, ont finalement été révoqués. Cette sanction maximale témoigne de la gravité des faits constatés et de leur incompatibilité avec les valeurs du service public.
Un harcèlement quotidien aux multiples facettes
L’enquête administrative a mis en lumière un harcèlement systématique doublé de violences physiques. Le jeune sapeur-pompier a été la cible de propos racistes récurrents au sein même de la caserne. Parmi les insultes proférées figurent notamment des expressions particulièrement dégradantes et des injonctions au silence fondées sur des critères ethniques.
Les violences ne se sont pas limitées aux paroles. L’investigation a établi qu’un des mis en cause, également policier municipal, avait utilisé ses menottes de service pour attacher la victime par une main au plafond. Ces humiliations se déroulaient dans le cadre professionnel, au sein d’une institution censée incarner la protection et le secours aux personnes.
Des photomontages impliquant un mineur
L’aspect le plus préoccupant de cette affaire concerne la découverte de photomontages à caractère pornographique. Ces contenus, diffusés dans un groupe de messagerie instantanée, ont été réalisés en utilisant des photographies de la petite sœur de la victime, alors âgée de seulement 10 ans. Cette dimension révèle une escalade dans la malveillance et l’intention de nuire.
Ces images constituent une circonstance aggravante majeure dans le dossier disciplinaire. Le conseil de discipline a considéré que de tels comportements dépassaient largement le cadre des relations professionnelles tendues et relevaient d’actes délibérés de persécution.
Une défense invoquant “l’humour” rejetée
Interrogés lors de l’enquête, les pompiers mis en cause ont tenté de minimiser leurs actes en les présentant comme relevant de “l’humour”. Cette ligne de défense n’a manifestement pas convaincu le conseil de discipline du SDIS 34, qui a retenu la qualification de harcèlement et de violences racistes.
La victime n’a jamais déposé de plainte pénale, se limitant aux procédures administratives internes. Cette absence de plainte n’a toutefois pas empêché l’institution d’agir avec fermeté face à des comportements contraires à ses principes fondamentaux.
Une décision rapidement applicable
La révocation des deux pompiers volontaires gradés doit intervenir dans les meilleurs délais conformément à la décision du conseil de discipline. Cette mesure marque la volonté du SDIS de l’Hérault de ne tolérer aucun dérapage au sein de ses effectifs et de préserver l’intégrité du service public d’incendie et de secours.
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