Un homme a été placé en détention après avoir incendié le parking Paul-Vaillant-Couturier à Argenteuil le 30 novembre, détruisant 25 véhicules pour se venger de son ex-compagne. Six heures d’intervention ont été nécessaires.

Argenteuil : un homme incendie 25 véhicules dans un parking pour se venger de son ex-compagne
Un incendie criminel a ravagé le parking Paul-Vaillant-Couturier à Argenteuil le 30 novembre dernier, endommageant 25 véhicules dont huit totalement détruits. L’auteur présumé, déjà condamné pour violences sur son ex-conjointe, a été interpellé début janvier et placé en détention provisoire, relate Le Parisien. Les résidents subissent toujours les conséquences de ce sinistre.
Une intervention massive pour maîtriser les flammes
Dans la matinée du 30 novembre, vers 8 heures, une épaisse fumée noire s’est échappée des bouches d’aération du parking souterrain situé sous l’esplanade Salvador-Allende. Les témoins ont immédiatement alerté les secours. Les sapeurs-pompiers ont déployé d’importants moyens humains et matériels pour combattre l’incendie qui s’était propagé rapidement dans le parking à deux niveaux.
Cinquante-sept pompiers ont été mobilisés durant six heures pour venir à bout du sinistre. Les flammes ont ravagé plusieurs véhicules stationnés au niveau -2 de l’infrastructure. En fin d’après-midi seulement, les propriétaires ont pu constater l’étendue des dégâts et récupérer les véhicules épargnés par les flammes.
Le bilan matériel s’avère particulièrement lourd : vingt-cinq véhicules ont été endommagés, dont huit réduits à l’état d’épaves calcinées. La structure même du parking a souffert de l’incendie, la dalle de béton ayant été fragilisée par l’intensité des flammes.
Un acte de vengeance contre son ex-compagne
Les enquêteurs du service local de police judiciaire du commissariat d’Argenteuil ont rapidement identifié un suspect. Il s’agit d’un homme qui entretenait une relation conflictuelle avec son ex-conjointe, résidente du quartier. Selon les éléments de l’enquête, il aurait volontairement incendié le véhicule de cette dernière à l’aide d’un bidon d’essence.
Les flammes se sont ensuite propagées aux véhicules voisins, provoquant un embrasement généralisé dans cette section du parking. La victime, prénommée Sarah, a immédiatement compris l’origine criminelle de l’incendie. Séparée du prévenu depuis environ deux ans, elle avait déjà entendu des menaces explicites concernant son véhicule.
Le suspect avait d’ailleurs été condamné le 3 juillet précédent à un an de prison ferme et un an avec sursis pour harcèlement et menaces de mort à l’encontre de son ex-compagne. Cette condamnation s’accompagnait d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime. Son casier judiciaire comptait déjà onze mentions au moment de cette première condamnation.
Interpellation et maintien en détention
L’auteur présumé de l’incendie a été localisé dans un hôtel de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. Son interpellation est intervenue le vendredi 9 janvier, grâce à l’action de l’Unité d’exécution des décisions de justice (UEDJ), un service créé en avril dernier au sein de la police nationale du Val-d’Oise.
Placé en garde à vue, il a été présenté mardi devant le tribunal correctionnel de Pontoise en comparution immédiate. Lors de l’audience, le prévenu a proféré des insultes à l’encontre de son ex-compagne en quittant le box. La procureure Isabelle Rich-Flament a requis et obtenu son maintien en détention provisoire jusqu’au procès.
La magistrate a souligné le risque important de réitération, rappelant que l’homme était passé des menaces aux actes. L’audience a été renvoyée au 10 mars prochain. La victime déplore l’incapacité du prévenu à accepter la coparentalité, alors qu’ils ont eu deux enfants ensemble, âgés de 2 et 14 ans. Depuis leur séparation, le harcèlement n’aurait jamais cessé.
Des conséquences durables pour les résidents
Plus d’un mois après l’incendie, les conséquences demeurent visibles et pénalisantes pour les habitants du quartier. Si le niveau -1 du parking, accessible au public, a pu rouvrir rapidement, le niveau -2 reste inaccessible. Cette partie, partagée entre plusieurs copropriétés et des logements sociaux gérés par AB Habitat, présente des dommages structurels importants.
Le plafond du parking s’est effondré par endroits, laissant apparaître des trous d’une dizaine de centimètres permettant de voir le niveau supérieur. La dalle de béton s’est affaissée sous l’effet de la chaleur intense. Un périmètre de sécurité a été établi autour de la zone sinistrée, en attente de travaux de consolidation.
Les résidents privés de leur véhicule subissent un préjudice quotidien considérable. Certains doivent partir dès 5 heures du matin pour se rendre au travail, remplaçant quelques minutes de trajet en voiture par une heure de transport en commun. D’autres se trouvent en difficulté pour honorer leurs rendez-vous médicaux ou effectuer leurs courses.
Une sécurité du parking remise en question
Au-delà du sinistre lui-même, cet incendie pose la question de la sécurisation des infrastructures. Plusieurs résidents pointent du doigt l’état d’abandon du parking depuis plusieurs années. Les portes d’accès seraient régulièrement cassées, facilitant les intrusions.
Des habitants évoquent la présence récurrente de déchets, notamment ceux provenant du marché local, ainsi que des traces d’occupation illégale dans les parties communes. Les escaliers du niveau -2 seraient dans un état de saleté préoccupant, avec parfois des matelas abandonnés suggérant une occupation nocturne.
Une pétition a été lancée par les résidents pour réclamer des mesures de sécurisation renforcées. Les signataires demandent notamment la présence d’agents de sécurité, voire d’une surveillance canine, ainsi qu’un agent de sécurité incendie. Selon eux, de telles mesures auraient pu empêcher ou limiter les dégâts de cet incendie criminel.
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