En octobre 2023, les douanes interceptent deux véhicules transportant 1,7 tonne de cannabis près de Toulouse. Deux ans après, le procès devant la JIRS de Bordeaux se solde par des peines aménageables et deux relaxes inattendues.

Près de deux tonnes de cannabis interceptées : le tribunal relaxe deux prévenus malgré la saisie record
En octobre 2023, les douanes saisissent 1,7 tonne de résine de cannabis dans deux berlines allemandes près de Toulouse. Estimée à sept millions d’euros, cette cargaison destinée aux réseaux toulousains débouche sur un procès devant la juridiction spécialisée de Bordeaux. Verdict : deux relaxes et des peines aménageables pour les convoyeurs, relate Le Dauphiné.
Une interception spectaculaire au péage nord de Toulouse
Le 22 octobre 2023, un dispositif douanier verrouille les abords du péage autoroutier nord de Toulouse. Alertés par un renseignement confidentiel, les agents attendent l’arrivée de trois véhicules haut de gamme en provenance d’Espagne. Deux d’entre eux, une Mercedes Classe S et un Audi Q7, transportent une cargaison dissimulée dans des valises placées à l’arrière.
Malgré la puissance de ces berlines capables d’atteindre des vitesses élevées, les conducteurs se retrouvent piégés par le bouclage du secteur. L’un des suspects parvient néanmoins à s’enfuir à pied, abandonnant son véhicule chargé de stupéfiants. Les douaniers découvrent au total 1,7 tonne de résine de cannabis, pour une valeur marchande estimée à plus de sept millions d’euros.
Un réseau d’importation démantelé
La perquisition approfondie des automobiles révèle également plusieurs jeux de plaques d’immatriculation et des documents espagnols. Ces éléments orientent l’enquête vers l’existence d’une organisation structurée d’importation de stupéfiants. La police judiciaire, saisie du dossier, identifie progressivement les membres du réseau.
Plus de deux années s’écoulent entre l’interception et la comparution des suspects. Quatre prévenus, originaires de Toulouse et Perpignan, sont finalement jugés par la juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux en décembre 2025.
Stratégies de défense et contestations
À la barre, trois des accusés minimisent leur participation aux faits. Les deux autres, représentés notamment par Me Emmanuelle Franck, contestent totalement leur implication dans ce trafic. Leur ligne de défense se heurte à un élément scientifique : la présence de leur ADN à l’intérieur des véhicules saisis.
Le parquet requiert des peines sévères. Sept ans d’emprisonnement sont demandés contre le principal transporteur, défendu par Me Alexandre Parra-Bruguière. Le ministère public réclame quatre ans pour le second convoyeur, assisté par Me Jacques Derieux, et six ans pour le prévenu représenté par Me Emmanuelle Franck.
Des peines allégées et deux relaxes prononcées
Le tribunal ne suit que partiellement les réquisitions du procureur. Les deux convoyeurs écopent respectivement de cinq ans de réclusion criminelle et de trois ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis. Cette dernière condamnation permet un aménagement de peine.
Le verdict réserve toutefois deux surprises : le client de Me Emmanuelle Franck bénéficie d’une relaxe, tout comme celui de Me Hugues Vigier. Malgré l’ampleur de la saisie et la valeur considérable de la marchandise interceptée, la juridiction spécialisée a estimé que les preuves ne suffisaient pas à établir leur participation au trafic.
(Merci Yann Bourguignon)
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