Un homme de 39 ans a été condamné à trois ans de prison ferme pour avoir agressé deux femmes au Bois de Boulogne en septembre. La première victime témoigne de son traumatisme et décrit un « prédateur sexuel ». Le multirécidiviste sera rejugé en février.

Agression au Bois de Boulogne : trois ans de prison pour un récidiviste
Une promeneuse attaquée en plein jour témoigne de son traumatisme face à un « prédateur sexuel »
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé jeudi une peine de trois ans d’emprisonnement ferme à l’encontre d’un homme de 39 ans. Ce ressortissant roumain avait agressé une femme le 18 septembre près du lac inférieur du Bois de Boulogne, avant de s’en prendre à une nouvelle victime le lendemain au même endroit, relate Le Parisien.
Un agresseur aux vingt-deux condamnations
L’homme condamné, vêtu d’une veste bicolore rouge et bleue, présente un profil inquiétant. Son casier judiciaire compte déjà vingt-deux condamnations, principalement pour vols avec violence et vols aggravés. Il a purgé dix années d’emprisonnement en France avant d’être expulsé vers la Roumanie, puis de revenir illégalement sur le territoire français.
Lors de l’audience, le procureur a qualifié le prévenu de « prédateur sexuel » et d’« homme dangereux ». Le magistrat a souligné l’inadmissibilité qu’une femme ne puisse se promener librement à Paris sans craindre d’être chassée comme une proie. Il a également insisté sur la nécessité d’un accompagnement psychologique pour la victime afin qu’elle puisse reprendre une vie normale.
« L’agression a duré dix secondes, mais pour moi c’était très long »
Carole, 47 ans, se promenait près du lac inférieur en fin d’après-midi lorsque les faits se sont produits. Par une belle journée ensoleillée, vers 18h30, elle croise un homme qui l’aborde d’un simple « Salut, ça va ? ». Son apparence et son regard la mettent immédiatement mal à l’aise. Elle choisit de ne pas répondre et s’éloigne vers une zone plus fréquentée du bois.
Quelques instants plus tard, elle entend des pas précipités dans son dos. L’homme réapparaît et la salue à nouveau. « Il avait le regard d’un prédateur sexuel. Il avait l’intention de me violer », confie-t-elle lors de l’audience. Consciente du danger, elle lui demande ce qu’il veut. L’agresseur la projette alors violemment au sol, plaque sa main sur sa bouche et lui touche les fesses.
La victime pousse des cris de détresse qui font fuir son agresseur. Celui-ci lui demande même pourquoi elle se met « dans un tel état » avant de disparaître. Carole dépose plainte immédiatement. Depuis cette agression, sa vie a basculé : « Je ne sors plus me promener et je suis en hypervigilance. J’ai même peur de rentrer chez moi toute seule. »
Une seconde victime le lendemain
Les policiers du premier district de police judiciaire établissent rapidement un lien avec une nouvelle agression survenue le 19 septembre, à quelques mètres du premier incident. Une femme prénommée Eva a été jetée au sol et frappée, subissant dix jours d’incapacité totale de travail.
Un portrait-robot est réalisé. L’identification du suspect intervient grâce à une trace ADN prélevée sur la veste de Carole. L’homme est localisé à la prison de Fleury-Mérogis en Essonne, où il attendait d’être jugé pour une affaire de vol. Extrait de sa cellule mardi, il est placé en garde à vue à la caserne Bessières dans le 17e arrondissement.
Des aveux partiels et une version contestée
Lors de ses auditions et devant le tribunal, le prévenu reconnaît avoir agressé Carole, tout en minimisant ses actes. « Je lui ai donné un coup dans le genou pour la voler. Je n’ai pas posé ma main sur ses fesses. J’essayais de lui faire les poches. Mais comme elle criait, j’ai pris la fuite », déclare-t-il. Il explique être revenu en France après son expulsion car il « aime bien la France » et qu’en Roumanie « il n’y a rien à faire ».
Son avocate conteste le caractère sexuel de l’agression, arguant que son client n’a jamais été interpellé pour de tels faits et qu’il existe un doute dans la procédure. Le tribunal n’a pas retenu cette argumentation et a prononcé, en plus de la peine d’emprisonnement, une interdiction du territoire français pour dix ans.
Un nouveau procès en février
L’homme sera de nouveau jugé le 2 février pour les violences commises sur Eva, la seconde victime. Cette audience permettra d’évaluer l’ensemble de son comportement prédateur durant ces deux journées de septembre au Bois de Boulogne.
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