Un CRS a été grièvement blessé à l’œil ce mardi à Strasbourg lors de heurts en marge de la manifestation des agriculteurs devant le Parlement européen. Le ministre de l’Intérieur a condamné les violences alors que la mobilisation contre l’accord avec le Mercosur se poursuit.

Strasbourg : un policier grièvement blessé en marge de la colère agricole
Un major des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) a été gravement atteint à l’œil mardi lors d’affrontements avec des manifestants devant le Parlement européen, relate Le Figaro. Alors que la mobilisation contre l’accord UE-Mercosur se poursuit ce mercredi, le ministre de l’Intérieur a fermement condamné ces violences.
La tension est montée d’un cran ce mardi à Strasbourg, où des milliers d’agriculteurs s’étaient rassemblés pour protester contre le traité de libre-échange avec l’Amérique du Sud. En marge de cette mobilisation massive, des incidents ont éclaté, entraînant la blessure sérieuse d’un fonctionnaire de police.
Un CRS évacué en urgence
Les faits se sont déroulés alors que le dispositif de sécurité encadrait les abords du Parlement européen. Selon les premiers éléments, le policier, major d’une compagnie de CRS, a été touché à l’œil lors d’échauffourées. Des images diffusées par le syndicat Alliance Police Nationale montrent le fonctionnaire pris en charge et évacué par ses collègues dans un contexte tendu, le syndicat précisant qu’il avait été « violemment pris à partie ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé la gravité de la blessure mardi soir sur le réseau social X. « Je pense à lui ce soir », a écrit le ministre, rappelant que « la liberté de manifester et d’exprimer son opinion ne peut se faire dans la violence ».
Des heurts face au Parlement européen
Le rassemblement, qui visait à interpeller les instances européennes sur l’accord signé samedi au Paraguay avec les pays du Mercosur, avait réuni environ 5 500 professionnels. Venus de France, mais également d’Italie, de Belgique ou de Pologne, certains avaient fait le déplacement en tracteur jusqu’à la capitale alsacienne.
Si la manifestation se voulait un coup de force politique, l’ambiance s’est détériorée dans l’après-midi. Des projectiles divers – fumigènes, bouteilles et produits agricoles – ont été lancés en direction des forces de l’ordre, qui ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes pour disperser les groupes les plus virulents.
La mobilisation se poursuit sur fond d’enjeux politiques
Malgré ces incidents, la détermination du monde agricole reste intacte. Les manifestants maintiennent leur présence ce mercredi, journée cruciale au niveau institutionnel. Les eurodéputés doivent en effet statuer sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour vérifier la validité juridique de l’accord commercial.
Au cœur de la contestation : la crainte d’une concurrence déloyale. Les opposants au traité dénoncent l’arrivée potentielle de produits sud-américains à bas coût, ne respectant pas les normes sanitaires et environnementales strictes imposées aux producteurs de l’Union européenne, faute de mécanismes de contrôle adéquats aux frontières.
(Merci Fabrice Guérault)
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