À Tarbes, une vidéo montre des étudiants détruisant une voiture de gendarmerie en carton lors du carnaval pour dénoncer les “violences policières”. Le préfet annonce un dépôt de plainte, Alliance s’indigne et la direction de l’école évoque la liberté de création tout en appelant à la vigilance.

Tarbes : une voiture de gendarmerie en carton détruite par des étudiants, le préfet annonce une plainte
Une vidéo diffusée sur Instagram montre une quinzaine d’étudiants de l’ESAD Pyrénées, à Tarbes, frapper puis détruire une voiture de gendarmerie fabriquée en carton, lors du carnaval, relate Ici Béarn Bigorre. L’action, revendiquée comme une dénonciation des “violences policières”, provoque l’indignation du syndicat Alliance et la réaction du préfet des Hautes-Pyrénées, qui annonce un dépôt de plainte.
Une scène filmée et publiée sur Instagram
La séquence, mise en ligne le 16 février sur un compte militant, montre des participants déguisés danser autour d’une voiture de gendarmerie en carton et papier. Les images les montrent ensuite frapper la structure à coups de bâtons puis de pieds, jusqu’à la détruire.
La vidéo se conclut par une formule opposant le rituel du carnaval à une dénonciation de la violence d’État, présentée comme un message politique. Les auteurs expliquent vouloir alerter sur les “violences policières”.
Le préfet des Hautes-Pyrénées annonce un dépôt de plainte
Mercredi 18 février, le préfet des Hautes-Pyrénées a indiqué qu’il allait déposer plainte après la diffusion de la vidéo. À ce stade, il n’a pas été précisé publiquement quel fondement juridique serait visé, mais la démarche marque une volonté de judiciariser l’affaire.
Alliance dénonce une “haine anti-police”
Le syndicat Alliance Police Nationale 65 se dit indigné par la mise en scène. Il estime qu’elle peut être perçue comme une incitation à la violence contre les forces de l’ordre et dénonce une banalisation d’un climat hostile à la police.
L’organisation critique l’idée que l’action soit couverte par une démarche artistique ou militante, jugeant que le message dépasse la simple expression et participe à un contexte “délétère”.
Un mouvement né à Mulhouse, des vidéos dans plusieurs villes
Les étudiants impliqués à Tarbes indiquent agir aussi par solidarité avec des élèves d’une école d’art de Mulhouse, à l’origine d’une première vidéo. Fin janvier, deux étudiants y avaient mis en scène, dans un atelier consacré aux rituels du carnaval, une voiture de police en carton frappée comme une piñata.
Après la diffusion de cette première séquence, des réactions politiques avaient suivi et une enquête judiciaire avait été ouverte pour outrage envers les forces de l’ordre. Dans la foulée, d’autres écoles d’art ont publié des vidéos similaires, notamment à Bordeaux, Annecy, Nice, Nantes, Montpellier et Tarbes.
La direction de l’ESAD invoque la liberté de création, tout en posant une limite
Le directeur de l’ESAD Pyrénées, Marc Monjou, affirme avoir découvert l’existence de la vidéo par voie médiatique. Il présente l’action comme une initiative spontanée d’étudiants et dit comprendre la logique de solidarité entre écoles.
Il rappelle que l’enseignement artistique implique de défendre la liberté d’expression et de création, tout en assurant rester vigilant pour qu’aucun discours de haine ne se développe au sein de l’établissement. Il indique vouloir rencontrer les étudiants concernés dans les prochains jours afin d’obtenir des explications sur leurs motivations.
(Merci Yann Bourguignon)
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