Le parquet de Nice a annoncé le démantèlement complet d’un réseau de trafic de stupéfiants implanté dans le quartier des Moulins. Bilan : une kalachnikov, 65 kg de cannabis, 43 000 € en espèces et 308 700 dollars en cryptomonnaies saisis. Six personnes déférées, un suspect interpellé au Maroc sous mandat d’arrêt européen.

Nice : démantèlement d’un réseau de stupéfiants aux Moulins, une kalachnikov et 308 000 dollars en cryptomonnaies saisis
Après plus d’un an d’investigations, la justice niçoise a frappé fort. Une opération d’envergure menée le 24 mars 2026 a conduit au démantèlement d’un réseau de trafic de stupéfiants solidement ancré dans le quartier des Moulins. Armes de guerre, importantes quantités de drogues, espèces et avoirs numériques : le bilan des saisies est exceptionnel. Six personnes ont été déférées devant la juge d’instruction. Un septième suspect, identifié comme le principal organisateur présumé, a été interpellé au Maroc.
Une enquête lancée dès janvier 2025
Selon les informations de Nice matin, tout part d’une découverte réalisée en janvier 2025 dans un box de stockage situé à Saint-Laurent-du-Var. Le parquet de Nice ouvre immédiatement une enquête, confiée au Service interdépartemental de police judiciaire des Alpes-Maritimes (SIPJ 06). Les premières vérifications établissent un lien avec un point de vente actif au sein du quartier des Moulins, secteur déjà connu des services de police pour ce type d’activités.
Plusieurs individus sont rapidement identifiés, dont un homme né en 1980 à Nice, dont le casier judiciaire mentionne des antécédents pour des faits similaires commis dans ce même périmètre. En mars 2025, un juge d’instruction est saisi : une information judiciaire est ouverte des chefs de trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment de fonds.
Surveillances, livraisons et filatures
Sous l’autorité du magistrat instructeur, les enquêteurs déploient des moyens importants, y compris des techniques spéciales d’enquête. Des surveillances physiques permettent de documenter des échanges suspects entre les protagonistes ainsi que des déplacements régulièrement interprétés comme des opérations de livraison, notamment au niveau du point de deal connu sous le nom des « 3T », dans le quartier des Moulins.
En parallèle, les fonctionnaires du SIPJ 06 et ceux de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) repèrent des allers-retours fréquents en direction de Villefranche-sur-Mer. À cet endroit, des sacs supposément remplis de fortes sommes d’argent sont remis à un homme né en 1994, originaire d’Ukraine.
Une kalachnikov et des gilets pare-balles dans un box
Au début du mois de février 2026, des renseignements font craindre la présence d’armes à feu dans un entrepôt lié au réseau. La perquisition qui s’ensuit révèle un arsenal inquiétant : un fusil d’assaut de type kalachnikov, deux armes de poing, cinq gilets pare-balles et des munitions. Les enquêteurs saisissent également 5 kg de résine de cannabis, 600 g d’herbe et 100 g de cocaïne.
Le coup de filet du 24 mars 2026
Le 24 mars 2026, une opération simultanée d’interpellations et de perquisitions est déclenchée. Cinq personnes sont placées en garde à vue. Avec le concours du Groupe d’Intervention Régional (GIR) des Alpes-Maritimes, les enquêteurs procèdent à de nouvelles saisies considérables : 65 kg de résine de cannabis, 500 g de MDMA, 43 000 euros en numéraire, du matériel destiné au comptage des billets et à la détection des faux, ainsi que 15 000 euros sur un compte bancaire. Six véhicules sont également confisqués : une Peugeot 107, une Audi S3, une Lexus, une Audi Q2, une Renault Clio et une Mazda.
308 700 dollars en cryptomonnaies saisis
Chez l’individu d’origine ukrainienne, les enquêteurs mettent au jour des éléments en lien avec des transferts de cryptomonnaies. Avec l’appui du détachement de l’Office anti-cybercriminalité des Alpes-Maritimes, 308 700 dollars en actifs numériques sont saisis et versés sur le compte de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC).
Un fugitif arrêté au Maroc, une sixième personne se rend
Le lendemain de l’opération, une sixième personne — non appréhendée lors du coup de filet initial — se présente spontanément dans un commissariat et est placée en garde à vue.
Par ailleurs, un homme originaire de Nice, soupçonné de jouer un rôle central dans l’organisation du trafic, a été interpellé le 26 mars au Maroc dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen diffusé via Interpol. Une demande d’extradition sera transmise aux autorités marocaines.
Des réquisitions de détention provisoire pour tous
Ce vendredi, les six personnes gardées à vue ont été déférées devant la juge d’instruction en charge du dossier. Deux d’entre elles ont déjà été condamnées par le passé pour des faits de trafic de stupéfiants. Si certains mis en cause ont refusé de s’exprimer, d’autres ont reconnu, a minima, leur implication, sans entrer dans les détails. Des réquisitions de placement en détention provisoire ont été formulées pour l’ensemble des personnes déférées.
Le procureur de la République de Nice a souligné que cette procédure judiciaire permet d’envisager, à ce stade, le démantèlement complet d’un point de vente majeur du quartier des Moulins — depuis l’approvisionnement en stupéfiants jusqu’au recyclage des bénéfices.
(Merci Yann Bourguignon)
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