Un père de 43 ans a été mis en examen à Mulhouse après la découverte de son fils de 9 ans, nu, dénutri et incapable de marcher, séquestré depuis plus d’un an dans une camionnette. Sa compagne est également poursuivie.

Mulhouse : un enfant de 9 ans séquestré plus d’un an dans une camionnette, son père mis en examen
Retrouvé nu, dénutri et incapable de tenir debout, un garçon de 9 ans a été découvert par des militaires dans un véhicule stationné à Mulhouse. Son père, âgé de 43 ans, a été mis en examen ce vendredi 10 avril 2026. Sa compagne est également mise en cause. Une affaire d’une gravité exceptionnelle qui ébranle le Haut-Rhin.
Une découverte insoutenable dans un véhicule à l’arrêt
C’est une intervention militaire qui a mis fin à un calvaire long de plus d’un an, relate Le Midi libre. En forçant l’ouverture d’une camionnette stationnée à Mulhouse, des militaires ont découvert un enfant seul à l’intérieur. Le garçon, âgé de 9 ans, gisait en position fœtale, nu, recouvert d’une simple couverture posée sur un amoncellement de déchets. À proximité : des excréments. Son état physique a immédiatement alerté les secouristes.
Le parquet de Mulhouse, dont le procureur Nicolas Heitz a pris la parole ce vendredi, a confirmé que l’enfant était « pâle et manifestement dénutri ». Plus alarmant encore, la station assise prolongée à laquelle il avait été contraint l’avait privé de la capacité de marcher. Il a été transporté en urgence au centre hospitalier de Mulhouse pour y être pris en charge.
Un père mis en examen, une compagne également poursuivie
Le père de l’enfant, 43 ans, a été placé en garde à vue puis mis en examen. Il est soupçonné d’avoir maintenu son fils confiné dans ce véhicule depuis novembre 2024, soit pendant plus d’un an. Pendant ce temps, lui-même vivait dans un appartement avec sa compagne et leurs filles respectives, âgées de 10 et 12 ans.
La compagne du père, 37 ans, a également été mise en examen. Elle est poursuivie pour non-assistance à mineur de moins de 15 ans en danger et non-dénonciation de mauvais traitements. Précision du parquet : elle n’est pas la mère biologique de l’enfant. Elle a contesté l’intégralité des faits qui lui sont reprochés.
La défense du père : « le protéger »
Face aux enquêteurs, le père a tenté de se justifier. Il affirme avoir placé son fils dans la camionnette pour le « protéger », expliquant que sa compagne souhaitait faire interner l’enfant en établissement psychiatrique. Cette explication, aussi étonnante que troublante, n’a pas convaincu le parquet.
Selon les éléments recueillis, l’enfant aurait néanmoins pu sortir du véhicule en compagnie de son père jusqu’en mai 2025. Il aurait également eu accès à l’appartement familial durant l’été 2025, lorsque le reste de la famille était en vacances. Le père admet par ailleurs que sa compagne « se doutait de quelque chose », tout en niant qu’elle ait eu connaissance de la présence de l’enfant dans le van.
Une affaire qui interroge la protection de l’enfance
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur les mécanismes de détection des situations de maltraitance. Comment un enfant scolarisable peut-il disparaître du radar des services sociaux, de l’Éducation nationale et des structures de protection de l’enfance pendant plus d’un an ? Les investigations en cours devraient permettre d’établir si d’autres personnes avaient connaissance de la situation.
L’instruction judiciaire se poursuit. Les deux mis en examen font face à des chefs d’accusation graves, passibles de lourdes peines d’emprisonnement. L’enfant, lui, a été confié à des services spécialisés et bénéficie d’une prise en charge médicale et psychologique.
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