Trois individus sont poursuivis devant le tribunal d’Évry pour avoir détourné près de 444 000 euros d’aides sociales (CAF, RSA, APL, Sécu) en six ans, via de faux papiers et des montages administratifs élaborés.

Essonne : un réseau de fraude sociale démantelé après six ans et 444 000 euros détournés
Deux hommes et une femme, la quarantaine, comparaîtront prochainement devant le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes pour avoir orchestré, pendant plus de six ans, une fraude tentaculaire aux prestations sociales sur l’ensemble du territoire français. Le préjudice total avoisine les 444 000 euros.
Un système rodé, des années durant
L’affaire commence au moins en janvier 2020, relate Le Parisien. Trois individus mettent progressivement en place un dispositif fondé sur l’usurpation d’identité à grande échelle. Armés de faux documents officiels, ils ouvrent des comptes bancaires au nom de personnes fictives et émettent des chèques sans provision, causant un préjudice d’environ 7 000 euros à l’encontre de la banque LCL. Ce premier volet n’est que la face visible d’un iceberg bien plus imposant.
Trente caisses CAF victimes sur tout le territoire
Capitalisant sur leurs fausses identités, les trois suspects auraient ensuite exploité de façon méthodique les organismes de protection sociale. En multipliant les dossiers frauduleux auprès des caisses d’allocations familiales, ils auraient perçu illégalement des prestations de type RSA et APL pour un montant cumulé estimé à environ 100 000 euros. Pas moins d’une trentaine de CAF réparties sur l’ensemble de la France auraient été ainsi lésées, sans jamais éveiller les soupçons suffisamment tôt pour interrompre le mécanisme.
La Sécurité sociale et les microcrédits également ciblés
Le trio n’a pas limité ses agissements aux seules allocations familiales. Toujours sous couvert de fausses identités — plus d’une centaine au total selon les enquêteurs — les suspects auraient également perçu indûment des prestations auprès de la Sécurité sociale. Ils se sont en outre tournés vers un troisième levier : les microcrédits d’aide à la création d’entreprise distribués par l’ADIE. En constituant de faux dossiers de financement, ils auraient obtenu des fonds auxquels ils n’avaient aucun droit.
Blanchiment et hébergement illégal
L’ensemble de ces sommes, une fois collectées, aurait fait l’objet d’opérations de blanchiment en bande organisée. Le montant total détourné et blanchi est estimé à 444 000 euros. Par ailleurs, la justice reproche à l’un des prévenus d’avoir pratiqué la sous-location illégale d’un logement situé à Corbeil-Essonnes, hébergeant des personnes en situation irrégulière sur le territoire national.
Dix ans de prison encourus, procès renvoyé
Interpellés en février 2026 à l’issue d’une enquête de police, les trois suspects — âgés d’une quarantaine d’années — ont été placés sous contrôle judiciaire à leur sortie de garde à vue. Ils devaient initialement comparaître le 10 avril dernier devant le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes, mais leur avocat, Me Laurent Caruso, a sollicité le renvoi de l’audience. Le procès se tiendra donc à une date ultérieure. Pour les chefs retenus — escroquerie en bande organisée, blanchiment, aide au séjour irrégulier — le trio encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement.
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