Une infirmière de l’Aube et une proche seront jugées en 2027 pour une fraude à l’Assurance maladie estimée à 2,5 millions d’euros. Détails.

Aube : une infirmière libérale jugée pour une fraude de 2,5 millions d’euros à l’Assurance maladie
Une infirmière exerçant dans l’Aube et une membre de sa famille comparaîtront devant la justice début 2027. Les deux femmes sont soupçonnées d’escroquerie à l’Assurance maladie et de blanchiment aggravé, dans une affaire dont le préjudice dépasserait 2,5 millions d’euros.
Une enquête déclenchée par un contrôle administratif
Le parquet de Troyes a annoncé ce mercredi 15 juillet le renvoi en jugement des deux prévenues, relate BFMTV. Tout est parti d’un contrôle administratif ayant révélé de nombreuses anomalies dans la facturation de l’infirmière libérale. Les premiers faits litigieux remontent à 2020, mais l’enquête judiciaire proprement dite n’a débuté qu’en 2023.
Menée conjointement par la brigade de police administrative de Troyes, le groupe interministériel de recherches de Reims et les enquêteurs de l’Assurance maladie, l’enquête a permis de mettre en évidence plusieurs infractions potentielles d’escroquerie et de blanchiment aggravé.
Plusieurs organismes visés par la fraude présumée
Selon le parquet, le système frauduleux se serait étendu de 2020 à 2026 et aurait ciblé plusieurs caisses, dont la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), la Caisse d’assurance maladie des industries électriques et gazières (CAMIEG), ainsi que la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN).
Les deux femmes ont été interpellées et placées en garde à vue la semaine dernière. Des saisies pénales conservatoires portant sur un million d’euros ont déjà été effectuées. Leur procès doit se tenir devant le tribunal judiciaire de Troyes au premier trimestre 2027.
Un phénomène national en forte hausse
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de lutte accrue contre la fraude sociale. En 2025, l’Assurance maladie a détecté et stoppé 723 millions d’euros de fraudes à l’échelle nationale, soit une progression de 15% par rapport à l’année précédente. Ce montant ne représenterait toutefois qu’environ un tiers de la fraude réelle, estimée à deux milliards d’euros.
Fait marquant : si les professionnels de santé libéraux, notamment dans les centres de santé, ne sont responsables que de 28% des fraudes recensées, ils concentrent près des trois quarts des sommes détournées.
Une législation renforcée pour mieux sanctionner
Fin juin, une nouvelle loi contre les fraudes sociales et fiscales a été promulguée. Elle prévoit des moyens de détection et de contrôle renforcés, ainsi que des sanctions et obligations plus strictes pour les fraudeurs. L’objectif affiché par l’État est de recouvrer jusqu’à 1,5 milliard d’euros par an grâce à ce nouveau dispositif.
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