Six responsables condamnés par la Cour des comptes après l’échec du logiciel policier Scribe, un fiasco chiffré à plus de 30 millions d’euros.

Fiasco du logiciel Scribe de la police : six responsables condamnés par la Cour des comptes
La Cour des comptes a rendu vendredi son verdict dans l’affaire du logiciel Scribe, ce programme informatique censé moderniser la rédaction des procédures pénales par la police. Six responsables ont été condamnés à un total de 18 000 euros d’amende pour leur rôle dans cet échec dont le préjudice financier dépasse les 30 millions d’euros.
Un projet lancé en 2015, abandonné après six ans
Conçu à l’origine comme un outil commun destiné à la police et à la gendarmerie, le logiciel Scribe devait simplifier et accélérer la rédaction des procédures pénales pour les enquêteurs. Rapidement, la gendarmerie se retire du projet, laissant la direction générale de la police nationale (DGPN) seule maîtresse d’ouvrage, avec l’appui technique du service de technologie et des systèmes d’information de la sécurité intérieure, relate Le Figaro.
Après six années marquées par des difficultés persistantes, le programme est définitivement abandonné. Le coût total de cette aventure informatique s’élève à 257 millions d’euros, un montant révélé en détail par une ordonnance de 500 pages publiée en octobre dernier par la Cour des comptes.
Une “faute collective grave” selon la justice financière
Dans son arrêt, la chambre du contentieux de la Cour des comptes pointe une série de manquements aux obligations de surveillance, d’organisation et de pilotage du projet. Ces défaillances constituent, selon les magistrats, une faute collective grave directement responsable de l’échec de Scribe.
En février 2026, la procureure générale près la Cour des comptes avait décidé de renvoyer six personnes devant la chambre du contentieux. Parmi elles figurent deux anciens directeurs de la police nationale ainsi que deux anciens secrétaires généraux du ministère de l’Intérieur.
Une responsabilité jugée indivisible
La juridiction a estimé qu’il était impossible d’identifier, parmi les six mis en cause, une personne dont le manquement aurait constitué la cause principale de l’échec. Les juges ont donc qualifié l’ensemble des défaillances de “tout indissociable”, correspondant à une infraction complexe.
Le même raisonnement a prévalu pour le préjudice financier, évalué précisément à 30,21 millions d’euros. La chambre a jugé impossible d’attribuer une part de ce préjudice à un manquement ou à une personne en particulier, concluant à un dommage indivisible.
Des amendes individuelles malgré une faute collective
Si la responsabilité a été jugée indissociable, les sanctions financières ont, elles, été individualisées. Deux des six condamnés devront verser 6 000 euros d’amende chacun, deux autres 4 000 euros chacun, tandis que les deux derniers s’acquitteront symboliquement d’un euro chacun.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







