Le tribunal administratif de Lille a ordonné ce lundi 20 avril à l’État d’assouplir les conditions de parloir de Salah Abdeslam, terroriste du 13-Novembre incarcéré à Vendin-le-Vieil. Une astreinte de 100 €/jour est prévue en cas de non-respect. Retour sur un bras de fer judiciaire inédit.

Salah Abdeslam : l’État contraint d’assouplir les conditions de parloir du terroriste du 13-Novembre
Le tribunal administratif de Lille a enjoint ce lundi 20 avril à l’administration pénitentiaire d’assouplir le régime de visite de Salah Abdeslam, principal survivant des attentats du 13 novembre 2015. Une décision de justice qui s’inscrit dans un conflit ouvert entre l’État et les avocats du détenu.
Une ordonnance confirmée, une astreinte financière à la clé
La juridiction administrative lilloise a rendu ce lundi une décision confirmant une première ordonnance datée du 1er avril, enjoignant à l’État de modifier les modalités de parloir du terroriste, relate Valeurs actuelles. Faute d’exécution, l’administration pénitentiaire s’expose désormais à une astreinte financière de 100 euros par jour — une somme symbolique mais significative, qui s’ajoute aux 1 369 euros que représente quotidiennement le coût de sa détention.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015, qui avaient causé la mort de 130 personnes à Paris et Saint-Denis, Salah Abdeslam est incarcéré dans l’unité spécialement sécurisée de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais.
Un régime de visite drastique après une découverte compromise
Depuis novembre dernier, les visites accordées à Abdeslam se déroulent dans un cadre exceptionnellement strict : un hygiaphone et une vitre séparent le détenu de ses interlocuteurs, rendant tout contact physique impossible. Ce dispositif a été mis en place à la suite d’un incident révélateur : une clé USB avait été introduite en prison par son ex-compagne lors d’une visite. Le parquet national antiterroriste (PNAT) avait alors précisé que ce support numérique contenait « la propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique ou Al-Qaïda ».
Gardes à vue et soupçons de manœuvre dilatoire
La semaine précédant la décision du 20 avril, un nouvel épisode a ravivé les tensions. La mère et la sœur d’Abdeslam ont été placées en garde à vue juste avant une visite prévue. Relâchées deux jours plus tard sans qu’aucune poursuite ne soit engagée, leur interpellation a immédiatement suscité l’indignation de la défense.
Pour les avocats du terroriste, qui avaient saisi le juge des référés en raison du refus de l’administration d’appliquer la première ordonnance, ces gardes à vue n’auraient eu qu’un seul objectif : justifier le maintien du dispositif de séparation avec hygiaphone. « La portée de cette ordonnance est avant tout symbolique, car les gardes à vue de la semaine passée ont permis de justifier une nouvelle procédure de mise en place de la séparation », ont-ils déclaré.
Un bras de fer loin d’être terminé
À ce stade, l’administration pénitentiaire n’a formulé aucune réaction officielle à la décision du tribunal administratif de Lille. Ce silence laisse présager que la confrontation entre les autorités judiciaires et l’État est loin d’être résolue, et que l’exécution concrète de l’ordonnance pourrait encore faire l’objet de nouvelles procédures contentieuses.
(Merci Yann Bourguignon)
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On sait que ce qui demande des choses comme ça sont payer par les terroristes.
Pauvre petit meurtrier.
Honteux.