Le tribunal correctionnel d’Amiens a condamné ce mercredi 29 avril 2026 un ressortissant soudanais à un an d’emprisonnement ferme pour l’agression sexuelle commise sur la députée RN Yaël Ménaché lors du bal des pompiers de Péronne, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2025. L’interdiction de territoire réclamée par le parquet n’a pas été prononcée.

Un Soudanais condamné à un an ferme pour l’agression sexuelle de la députée de Péronne lors du bal du 14-Juillet
Le tribunal correctionnel d’Amiens a rendu son verdict ce mercredi 29 avril 2026 : Bhaldin Yousif, ressortissant soudanais de 31 ans, a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur la personne de Yaël Ménaché, députée Rassemblement National de la 2e circonscription de la Somme. Les faits remontent à la nuit du 13 au 14 juillet 2025, en marge du bal traditionnel des sapeurs-pompiers de Péronne. La peine prononcée — un an de prison ferme, sans incarcération immédiate — pourra faire l’objet d’un aménagement par le juge de l’application des peines.
Une élue agressée en pleine fête nationale
Chaque 14-Juillet, Yaël Ménaché a pris l’habitude de participer au bal des pompiers de Péronne, « en tant que députée », comme elle l’a elle-même rappelé à la barre. Cette année-là ne devait pas faire exception. Mais dans la soirée du 13 au 14 juillet 2025, la parlementaire est victime d’une agression qui va rapidement prendre une dimension nationale.
Alors qu’elle se trouve au milieu de la foule, une main s’introduit sous sa robe et tire sur ses sous-vêtements afin de lui caresser les fesses. La réaction de l’élue est immédiate : elle crie, se retourne et désigne un homme visiblement en état d’ivresse avancée. Alertés, les agents de sécurité présents sur les lieux l’évacuent sans délai.
Le lendemain matin, Yaël Ménaché dépose une plainte contre X auprès des autorités compétentes. Quelques jours plus tard, elle reconnaît formellement son agresseur présumé dans les rues de Péronne, toujours sous l’emprise de l’alcool. Elle contacte aussitôt la gendarmerie, qui procède à l’interpellation de Bhaldin Yousif, 31 ans, né au Soudan.
Une identification formelle, des déclarations qui font polémique
À l’audience, la députée s’est montrée catégorique quant à l’identité de son agresseur. « C’est forcément lui, il était le seul derrière moi. Son geste ne peut être que délibéré », a-t-elle affirmé avec conviction devant le tribunal.
Son témoignage a toutefois été mis à l’épreuve lorsque l’avocate de la défense, Maître Claire Gricourt, l’a interrogée sur une vidéo diffusée publiquement dans laquelle la parlementaire affirmait que Bhaldin Yousif — pourtant sans antécédent judiciaire à l’époque des faits — était « soupçonné d’avoir violé une mineure et de vendre de la drogue ». Sommée de justifier ces allégations graves, Mme Ménaché a répondu s’appuyer sur les déclarations de victimes présumées qui l’auraient contactée directement.
L’élue a par ailleurs évoqué les délais de la procédure judiciaire, estimant qu’une condamnation prononcée un an après les faits perd une partie de sa portée symbolique. « La lenteur administrative est un problème pour toutes les parties : les victimes, les magistrats, mais aussi les mis en cause », a-t-elle déclaré.
Un prévenu aux contradictions relevées par le parquet
Le ministère public a dressé un portrait peu flatteur du prévenu, le décrivant comme « victimaire et plaintif » lors de l’audience. Le procureur a notamment pointé plusieurs incohérences dans les déclarations de Bhaldin Yousif, qui avait dans un premier temps nié toute présence au bal des pompiers et minimisé sa consommation d’alcool.
Ces dénégations ont été contredites par l’un de ses proches, lequel a indiqué que le prévenu « faisait n’importe quoi sous l’emprise de l’alcool » et était décrit comme « obsédé par les femmes ». Ces éléments à charge ont manifestement pesé dans la conviction du tribunal.
Une défense qui conteste la régularité de la procédure
Maître Claire Gricourt a plaidé la relaxe, s’appuyant sur plusieurs arguments. Elle a d’abord mis en cause la fiabilité des témoignages recueillis, relevant leurs nombreuses contradictions : l’agresseur présumé y était décrit tantôt coiffé d’une casquette, tantôt légèrement dégarni, avec des cheveux mi-longs, bruns ou poivre et sel. « Il n’y a pas deux témoignages qui se ressemblent », a-t-elle ironisé.
L’avocate a également dénoncé ce qu’elle qualifie d’investigations « totalement à charge » et une procédure « instrumentalisée à des fins politiques ». Elle a notamment cité la présence, lors d’une audience de renvoi en janvier dernier, d’un gendarme de Péronne aux côtés de la plaignante — un point qui a suscité une vive réaction du procureur, l’interrompant en pleine plaidoirie.
Condamné, mais non expulsé
À l’issue des débats, le tribunal correctionnel d’Amiens a reconnu Bhaldin Yousif coupable d’agression sexuelle et l’a condamné à douze mois d’emprisonnement ferme, sans mandat de dépôt. La peine pourra être aménagée par le juge de l’application des peines, sous la forme d’un bracelet électronique ou d’une semi-liberté, relate Le Courrier Picard.
En revanche, le tribunal a refusé de prononcer l’interdiction définitive du territoire français, pourtant requise par le parquet. Arrivé en France de façon irrégulière en 2017 avant d’être pris en charge par une association d’aide aux migrants, Bhaldin Yousif dispose aujourd’hui d’un titre de séjour valable jusqu’en 2029. Sans emploi, il bénéficie du revenu de solidarité active (RSA).
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