Sans permis et transportant de la cocaïne, une jeune femme de 22 ans jette 39 pochons lors d’une fuite à Ruitz. Elle est condamnée à 18 mois de prison.

Ruitz : elle sème des sachets de cocaïne en fuyant la police, condamnée à 18 mois de prison
Une automobiliste de 22 ans a tenté d’échapper à un contrôle de police à Ruitz tout en jetant par la fenêtre 39 pochons de cocaïne. Sans permis de conduire et en charge d’une livraison de stupéfiants, elle a été rattrapée, jugée en urgence et condamnée à 18 mois de prison.
Une course-poursuite dangereuse pour un simple contrôle de phare
Le 4 mai, en fin d’après-midi, des policiers souhaitent intercepter un véhicule à Ruitz dans le Pas-de-Calais pour un phare défectueux. La conductrice refuse de s’arrêter et prend immédiatement la fuite. La suite tourne rapidement au danger public : roulant à 80 km/h en zone limitée à 50, elle brûle plusieurs stops, s’engage sur une voie réservée aux bus, percute deux barrières de chantier et contraint trois ouvriers à bondir de sa trajectoire pour éviter d’être renversés.
Durant sa fuite, les agents remarquent que la conductrice jette des petits sachets par la vitre. Rattrapée peu après, la femme est interpellée sans résistance supplémentaire. Les policiers récupèrent les objets semés sur la chaussée : 39 pochons remplis de cocaïne, auxquels s’ajoutent trois sachets supplémentaires découverts à l’intérieur du véhicule.
84 grammes de cocaïne destinés à deux clients
Le bilan de la saisie est sans ambiguïté : 84 grammes de cocaïne au total, que la jeune femme devait remettre à deux acheteurs pour le compte d’un dealer. Âgée de 22 ans, elle est en outre dépourvue de permis de conduire depuis novembre dernier, date à laquelle celui-ci lui avait été retiré.
Placée en détention provisoire, elle comparaît dès le mercredi suivant devant le tribunal, en visioconférence. Elle reconnaît l’intégralité des faits sans tenter de les minimiser. Elle explique avoir fui par peur : « J’ai jeté les pochons avant d’être interpellée », admet-elle. Sur le fond, elle justifie son implication dans le trafic par une situation précaire : en attente d’intégrer une formation professionnelle, ses recherches d’emploi n’avaient rien donné. Elle a alors accepté d’assurer des livraisons pour de l’argent rapide. « J’ai cédé à l’argent facile », reconnaît-elle devant les juges.
Un passé judiciaire qui aggrave sa situation
Ce qui alourdit considérablement le dossier, c’est le passé récent de la prévenue. En septembre dernier, elle avait déjà été condamnée pour des faits identiques commis à Saint-Omer. La justice belge avait également eu à connaître de son cas. Face à cette récidive, la procureure a requis 24 mois d’emprisonnement, dont la moitié assortie d’un sursis probatoire.
La défense, assurée par Me Belmokhtar, a tenté de nuancer le portrait en soulignant le profil vulnérable de sa cliente : « Une proie facile pour les trafiquants, elle passe inaperçue pour assurer les livraisons. »
Dix-huit mois de prison, permis annulé, voiture confisquée
Le tribunal a rendu un verdict légèrement en deçà des réquisitions du parquet, sans pour autant se montrer clément. La prévenue, identifiée sous les initiales K. L., est condamnée à 18 mois de prison dont 12 avec sursis probatoire, avec maintien en détention. Cette peine vient s’ajouter aux 9 mois qu’avait déjà mis à exécution le parquet. Son permis de conduire est définitivement annulé et son véhicule confisqué.
K. L. dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel.
(Merci Rudy van Cappellen)
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