Sept arrestations, 200 kg de drogues et 100 000 € saisis en Côte-d’Or : un réseau de narcotrafic international actif sur le darknet vient d’être démantelé par la gendarmerie.

Côte-d’Or : un vaste réseau de narcotrafic démantelé, 200 kg de drogues saisis et des ventes jusqu’en Australie
Un laboratoire clandestin capable de produire des milliers de cachets d’ecstasy à l’heure, une boutique illégale sur le darknet, des livraisons à l’international… La gendarmerie nationale a mis fin à une opération criminelle d’envergure en Bourgogne début mai.
L’opération judiciaire en chiffres
Le 4 mai dernier, les enquêteurs de la gendarmerie nationale de la Côte-d’Or ont procédé au démantèlement d’un réseau structuré de production et de trafic de stupéfiants, relate Le Parisien. Le bilan est lourd : sept personnes interpellées, près de 200 kilogrammes de drogues saisies et plus de 100 000 euros en espèces récupérés. La valeur marchande totale des substances confisquées est estimée à 2,2 millions d’euros.
Les mis en cause ont été présentés devant un juge d’instruction les 6 et 7 mai en vue de leur mise en examen. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié l’opération de « travail remarquable », saluant l’action conjointe des unités spécialisées.
Un laboratoire hors norme et une diffusion internationale
Ce qui distingue ce réseau de la criminalité ordinaire, c’est l’ampleur industrielle de ses capacités de production. Selon Laurent Nuñez, l’organisation était « capable de fabriquer jusqu’à 13 000 cachets d’ecstasy par heure » et de transformer une dizaine de drogues de synthèse différentes. Les produits étaient ensuite commercialisés en France, mais aussi en Australie et à Dubaï, notamment via un groupe Telegram utilisé comme canal de distribution sécurisé.
L’affaire prend racine en juillet 2024, lorsque les cyber-enquêteurs de l’Unité nationale cyber de Marseille repèrent sur le darknet une boutique en ligne baptisée Doraemon, proposant ouvertement des stupéfiants à la vente. Une enquête préliminaire est aussitôt ouverte, avant que le dossier ne soit transmis au parquet de Dijon, compétent en raison de la localisation des suspects.
Plus de 2 000 commandes en sept mois
Au fil des investigations, l’ampleur du trafic se révèle considérable. La gendarmerie nationale estime à au moins 2 000 le nombre de commandes passées en seulement sept mois, pour un chiffre d’affaires dépassant 1,5 million d’euros. L’enquête se poursuit en raison de la dimension internationale de l’affaire, laissant entendre que d’autres ramifications pourraient être identifiées.
Un marché des drogues en forte expansion en France
Cette affaire intervient dans un contexte de croissance alarmante du marché des stupéfiants en France. Selon une note publiée fin 2025 par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), le chiffre d’affaires global du trafic illicite atteignait 6,8 milliards d’euros en 2023, contre 2,3 milliards en 2010, soit une quasi-multiplication par trois en treize ans.
La cocaïne génère le revenu le plus élevé avec 3,1 milliards d’euros, devant le cannabis (2,7 milliards). Mais c’est l’ecstasy et la MDMA qui affichent la croissance la plus spectaculaire : les quantités consommées sont passées de 11,3 millions à 65,6 millions de comprimés entre 2010 et 2023, soit une hausse de 637% du chiffre d’affaires sur la période. Des chiffres qui illustrent, s’il en était besoin, l’urgence des opérations comme celle menée en Côte-d’Or.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






