Un jeune de 21 ans condamné à 6 ans ferme à Nice pour avoir tué un pompier volontaire en conduisant sous protoxyde d’azote sur la Promenade des Anglais.

Nice : six ans de prison ferme pour le chauffard sous protoxyde d’azote qui a tué le pompier Jérémie Boulon
Un jeune conducteur de 21 ans a été condamné lundi par le tribunal de Nice à sept ans d’emprisonnement, dont six fermes, pour avoir provoqué la mort d’un pompier volontaire de 41 ans sur la Promenade des Anglais. Les faits remontent à juin 2024 : sous l’emprise du protoxyde d’azote, il avait perdu tout contrôle de son véhicule avant de percuter le scooter de la victime à plus de 100 km/h.
Une nuit de drame sur la Promenade des Anglais
Dans la nuit du 25 au 26 juin 2024, peu après minuit, Marvin R. circule à bord de la Mercedes de sa mère sur la célèbre avenue niçoise, en compagnie de trois amis. Le groupe revenait d’une soirée à Antibes. Aucun n’avait consommé d’alcool ni de stupéfiants. Mais lors d’un arrêt, le jeune homme récupère une bonbonne de protoxyde d’azote dans le coffre du véhicule et inhale le gaz, relate Le Parisien.
Les effets sont quasi immédiats. Selon ses propres déclarations à la barre, il commence à ressentir des bouffées de chaleur et des fourmillements, puis sa tête tombe sur l’appuie-tête. « Comme si j’étais éteint », dira-t-il. Il ne se souvient de rien jusqu’au choc. Son passager avant, lui, garde une mémoire précise de ces secondes de terreur : il raconte avoir tenté de le toucher pour le ramener à la réalité, en vain.
108 km/h, deux feux rouges grillés, une vie brisée
Le véhicule, lancé à au moins 108 km/h, franchit deux feux rouges successifs avant de percuter de plein fouet un scooter qui s’engageait normalement sur l’avenue. À son bord, Jérémie Boulon, pompier volontaire de 41 ans, qui rentrait chez lui après avoir assisté à une soirée en hommage à un collègue décédé. Projeté à plus de 60 mètres, il succombe rapidement à ses blessures malgré les tentatives désespérées de réanimation menées par ses collègues pompiers qui l’accompagnaient ce soir-là.
Un prévenu qui n’a pas convaincu
À l’audience, Marvin R. a exprimé des regrets. « Je m’en veux énormément, j’ai honte de moi », a-t-il affirmé face au tribunal. Ses déclarations n’ont toutefois pas dissipé la colère des dizaines de proches et collègues du défunt, présents dans la salle vêtus d’un tee-shirt blanc arborant le slogan « Justice pour Boulon ».
La mère, la compagne et les deux filles de Jérémie Boulon, âgées de 11 et 13 ans, ont pris la parole dans un silence lourd de sanglots. « Nous avons pris perpétuité. Que cette peine soit un modèle, que les irresponsables comprennent qu’un permis de conduire n’est pas un permis de tuer », a déclaré la compagne du pompier.
Un récidiviste placé en détention avant le procès
Le parcours judiciaire du prévenu avait déjà montré ses limites. D’abord laissé sous contrôle judiciaire avec interdiction de conduire et de sortir la nuit, Marvin R. avait été interpellé en septembre 2025 au volant d’un véhicule, de nuit, contrôlé positif au cannabis et à la cocaïne. Ce manquement flagrant lui avait valu son placement en détention provisoire.
Le parquet avait requis huit ans de prison ferme, soit une peine proche du maximum légal de dix ans prévu pour homicide involontaire aggravé. Le tribunal a finalement prononcé sept ans, dont six fermes — une condamnation que les proches de la victime jugent insuffisante face à l’irréparable.
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