Troisième mort par balle en moins d’un mois à Nantes. Le parquet confirme un lien direct avec le narcotrafic. Retour sur une spirale de violences inquiétante.

Nantes : trois fusillades mortelles en moins d’un mois, le narcotrafic au cœur d’une spirale de violences
Un jeune homme de 20 ans a été tué par balles mardi 26 mai au soir dans le quartier Halvêque, au nord de Nantes. Troisième homicide par arme à feu en moins d’un mois dans la métropole, ce drame confirme l’emprise croissante du narcotrafic sur plusieurs quartiers de la ville.
Un homme abattu en pleine rue, deux suspects en fuite
C’est en fin de soirée, ce mardi 26 mai, que des tirs ont une nouvelle fois retenti à Nantes, cette fois dans le quartier Halvêque, relate Ici Loire Océan. La victime, un homme né en 2005 en Guyane, âgé d’une vingtaine d’années, a succombé à ses blessures après avoir été pris en chasse par deux individus circulant à moto, le visage dissimulé. Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé le décès et les premières circonstances des faits dès le mercredi matin dans un communiqué officiel.
Le quartier Halvêque, décrit par ses habitants comme un secteur jusqu’ici tranquille, est sous le choc. Pourtant, certains riverains avouent avoir perçu des changements d’ambiance ces derniers mois, une tension sourde qui s’est progressivement installée. Beaucoup redoutent désormais que cette violence ne s’installe durablement.
Le parquet confirme le lien avec le narcotrafic
Pour le procureur Antoine Leroy, les faits ne laissent place à aucune ambiguïté : « il n’y a, cette fois encore, aucun doute sur le fait que ces événements s’inscrivent dans le cadre de règlements de compte liés au narcotrafic et aux guerres de territoires et de revenus qu’il génère ». La maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a elle aussi établi publiquement le lien entre ce nouveau drame et l’économie souterraine de la drogue.
Une enquête a été ouverte afin d’identifier et d’interpeller les deux suspects toujours en fuite.
Trois homicides en moins d’un mois dans les mêmes quartiers
Ce meurtre n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série de trois fusillades mortelles survenues en moins de trente jours, toutes concentrées dans les quartiers nord-est de Nantes.
Le 28 avril, quartier Pin-Sec, un jeune homme de 18 ans, connu des services de police, avait été tué d’une balle dans la tête dans un contexte directement lié au trafic de stupéfiants.
Le 14 mai, quartier Port-Boyer, Elidjah, 15 ans à peine, avait perdu la vie dans une fusillade d’une brutalité extrême. Le ministre de l’Intérieur, dépêché sur place dès le lendemain, avait qualifié les tirs d’acte commis « à l’aveugle ». Si le parquet a confirmé le lien avec le narcotrafic, rien n’indiquait que la victime, jeune adolescent, soit elle-même impliquée dans ce milieu. Sa mort avait suscité une émotion considérable, bien au-delà des frontières de la Loire-Atlantique.
Nantes sous tension, les autorités face à l’urgence
Trois morts, trois scènes de crime à quelques kilomètres les unes des autres, un mois à peine écoulé : la multiplication de ces drames révèle la réalité d’une guerre des territoires qui se joue dans les quartiers nord-est de la métropole nantaise. Les autorités locales et judiciaires appellent à une réponse ferme et coordonnée, tandis que les habitants, eux, vivent dans la crainte de nouveaux coups de feu.
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