Un surveillant de la prison de Villepinte mis en examen pour corruption et aide à l’évasion du dangereux Ilyas Kherbouch, alias « Ganito ». Retour sur une affaire explosive.

Évasion de Villepinte : un surveillant pénitentiaire mis en examen et écroué, la piste de la complicité interne confirmée
Un gardien de la maison d’arrêt de Villepinte a été mis en examen et placé en détention provisoire après l’évasion spectaculaire d’Ilyas Kherbouch, dit « Ganito », l’un des détenus les plus redoutés de Seine-Saint-Denis. L’enquête met désormais en lumière un réseau de complicités qui aurait permis à un commando de faux policiers de franchir les portes de l’établissement sans encombre.
Un fonctionnaire pénitentiaire derrière les barreaux
Julio J., 31 ans, surveillant pénitentiaire à la maison d’arrêt de Villepinte, a été mis en examen pour corruption passive, usage de faux et aide à l’évasion, relate Le Parisien. Placé en garde à vue mercredi dans le cadre de l’enquête confiée au 3e District de police judiciaire, sous la supervision de plusieurs juges d’instruction de la Jirs de Paris, il a été incarcéré à titre provisoire à la maison d’arrêt de la Santé, dans le 14e arrondissement de Paris. Son avocate, Me Ambre du Rosel de Saint Germain, n’a formulé aucune déclaration publique.
Deux autres personnes avaient été interpellées simultanément : un frère d’Ilyas Kherbouch, remis en liberté sans poursuites à ce stade — son avocat, Me Antoine Ory, précisant que son client ignorait le projet d’évasion et avait pleinement coopéré avec les enquêteurs —, ainsi qu’une ex-compagne du fugitif. Le sort judiciaire de cette dernière, qui serait par ailleurs la cousine de l’un des membres du commando, n’a pas été précisé.
Un commando en uniforme, des documents grossièrement falsifiés
L’évasion s’est déroulée en mars, à la lumière du jour, sans violence apparente. Un groupe d’hommes déguisés en policiers s’est présenté à l’entrée de l’établissement avec de fausses cartes professionnelles et des documents d’extraction manifestement falsifiés. Malgré la qualité rudimentaire de ces pièces, l’extraction s’est déroulée sans accroc. Selon les éléments recueillis lors de l’enquête, Kherbouch aurait lui-même confié à un proche que l’opération ne rencontrerait aucun obstacle, en raison d’une complicité assurée en interne.
D’après les témoignages recueillis par les enquêteurs, le surveillant mis en examen se serait positionné stratégiquement au niveau du sas d’accès au moment où l’équipe de greffe procédait à l’extraction du détenu, facilitant ainsi le passage du commando.
L’ascendant de « Ganito » sur le personnel
Ilyas Kherbouch, connu sous le pseudonyme « Ganito », est un individu au casier judiciaire chargé depuis l’adolescence, impliqué dans une série de home-jackings d’une violence particulière. Il était incarcéré à Villepinte depuis plus de trois ans et demi au moment des faits. Selon d’anciens codétenus, il bénéficiait d’une autorité informelle au sein de l’établissement, ses accès de colère dissuadant le personnel d’entrer en conflit avec lui. Il aurait ainsi noué des liens étroits avec une partie du staff pénitentiaire.
Le passé d’une ancienne stagiaire refait surface
L’enquête s’est également penchée sur Victoria H., compagne de Kherbouch et ancienne surveillante pénitentiaire stagiaire, qui a exercé à Villepinte pendant un an avant d’être radiée en mars 2025. Elle affirme n’avoir rencontré « Ganito » qu’après avoir quitté l’établissement, via les réseaux sociaux, et nie catégoriquement avoir facilité des contacts entre lui et d’anciens collègues. Elle reconnaît toutefois avoir conservé un lien avec un surveillant encore en poste au sein de la maison d’arrêt.
L’enquête, toujours en cours, devra établir l’étendue exacte du réseau de complicités ayant permis cette évasion, et déterminer si d’autres membres du personnel pénitentiaire sont impliqués.
(Merci Rudy van Cappellen)
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




