Un trio familial iranien a ciblé trois femmes âgées pour leur arracher leurs bijoux. Le tribunal de Versailles les a condamnés à de la prison ferme.

Bijoux arrachés à trois retraitées : un trio familial iranien condamné à de la prison ferme à Versailles
Un père, une mère et leur fils adulte comparaissaient vendredi devant le tribunal correctionnel de Versailles pour avoir délibérément ciblé des femmes âgées afin de leur dérober leurs bijoux. La justice a répondu avec fermeté.
Des victimes de 72 à 93 ans dans le viseur d’un commando familial
Elles avaient entre 72 et 93 ans. L’une se déplaçait avec un déambulateur. Aucune n’a été épargnée. C’est le bilan humain de la série de vols reprochée à trois membres d’une même famille, originaires d’Iran et résidant en Italie depuis une vingtaine d’années, sans domicile fixe en France. Leurs cibles : des femmes seules, repérées dans la rue, à qui ils engageaient la conversation avant de leur arracher brusquement leurs bijoux, relate Le Parisien.
Le mode opératoire était rodé. Le trio arrivait à bord d’un véhicule, repérait une femme portant un bijou visible, l’approchait sous prétexte d’un échange anodin, puis passait à l’acte avec une violence soudaine. Après chaque agression, quelques pièces de monnaie étaient abandonnées sur place dans un sac — un détail en apparence anodin qui s’est révélé décisif pour les enquêteurs, en permettant de relier les trois affaires entre elles.
« C’était un cadeau de ma mère » : la voix brisée des victimes
Thérèse, 75 ans, est la seule des trois victimes à s’être présentée à l’audience. D’une voix maîtrisée, elle a relaté les faits devant la présidente du tribunal : le 25 mars dernier, alors qu’elle rentrait de ses courses à La Celle-Saint-Cloud, dans les Yvelines, une voiture s’est immobilisée à sa hauteur. En quelques secondes, son bracelet lui était arraché du poignet. « C’était d’une très grande violence », a-t-elle témoigné. Le bijou, estimé à 9 000 euros, avait surtout une valeur inestimable : il lui avait été offert par sa mère.
Déjà fragilisée par des opérations chirurgicales à l’épaule et au coude en 2024, Thérèse a souffert d’une aggravation de ses douleurs, d’un état de choc, d’insomnies et de crises d’angoisse. Son médecin lui a prescrit neuf jours d’incapacité totale de travail. « Mon poignet est encore gonflé aujourd’hui », a-t-elle confié à la barre.
Quelques jours plus tôt, le 19 mars, c’est Marie-Claude, 93 ans, qui avait été attaquée en pleine rue dans la même commune, alors qu’elle se déplaçait avec un déambulateur. Le 7 avril, à Nemours, en Seine-et-Marne, Maria, 72 ans, subissait à son tour les agissements du même trio.
Des déclarations contradictoires au fil de l’audience
Face à la présidente, les trois prévenus ont multiplié les versions discordantes. Le fils, Armin, 19 ans, a prétendu n’avoir rien vu ni entendu lors des faits, affirmant être systématiquement absorbé par son téléphone, écouteurs aux oreilles. Pourtant, le jour de son interpellation, après les aveux de son père, il avait déclaré aux enquêteurs : « Si mon père l’avoue, c’est qu’il a raison. »
La mère, Azero, a pour sa part remis en cause les déclarations qu’elle avait faites lors de sa garde à vue, invoquant un problème de traduction — son interprète aurait parlé italien et non persan. Son mari, Afshin, 48 ans, a lui choisi d’assumer les faits tout en les présentant comme une contrainte : « J’étais obligé. Mon autre fils est resté en Iran avec la guerre, mon commerce en Italie ne fonctionne pas. J’avais besoin d’argent. »
L’enquête des gendarmes, fondée sur des relevés téléphoniques et des données de géolocalisation, a permis de placer le trio sur les lieux des trois agressions.
Prison ferme et interdiction du territoire français
Le tribunal correctionnel de Versailles a rendu un verdict sévère. Le père et la mère ont chacun été condamnés à 24 mois de prison ferme, avec maintien en détention. Leur fils écope de 12 mois ferme. L’ensemble du trio se voit également frappé d’une interdiction du territoire français et d’une interdiction de détention ou de port d’arme pendant trois ans.
Sur le plan civil, les trois victimes se partageront 8 500 euros de dommages et intérêts, dont 4 000 euros pour la seule Thérèse. Une reconnaissance partielle, mais symboliquement forte, pour des femmes dont la tranquillité a été brisée en quelques secondes dans leur propre quartier.
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