Un agent de l’ONF mis en examen après le mégafeu des Corbières en août 2025 : 11 000 ha brûlés, une victime. Il conteste avoir jeté un mégot.

Mégafeu des Corbières : un agent de l’ONF mis en examen après la catastrophe qui a tué une femme et ravagé 11 000 hectares dans l’Aude
Un agent de l’Office national des forêts a été mis en examen jeudi 4 juin pour « destruction involontaire ayant entraîné la mort ». Il est soupçonné d’être à l’origine du pire incendie qu’ait connu le département de l’Aude, en août 2025. Placé sous contrôle judiciaire, il conteste formellement les faits.
Un mégot à l’origine du plus grand feu de l’Aude ?
Le 4 août 2025, un incendie se déclarait dans le massif des Corbières, dans l’Aude. En quelques heures, le feu devenait totalement incontrôlable, alimenté par des vents violents. Pendant plusieurs jours, les flammes dévoraient plus de 11 000 hectares de forêt méditerranéenne, détruisaient une soixantaine d’habitations et coûtaient la vie à une femme d’une soixantaine d’années, piégée dans sa maison à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse.
Ce drame, l’un des plus graves survenus en France depuis plusieurs années, s’est conclu jeudi 4 juin 2026 par la mise en examen d’un agent de l’ONF, relate Le Midi libre. Il lui est reproché d’avoir jeté un mégot de cigarette dans la zone forestière ce jour-là, déclenchant un sinistre dont les conséquences se sont avérées catastrophiques.
Interpellation et garde à vue par la section de recherches
Mardi 2 juin, les gendarmes de la section de recherches de Montpellier interpellaient trois agents de l’Office national des forêts. Tous trois étaient placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur les origines du mégafeu. Dès le jeudi matin, deux d’entre eux étaient remis en liberté, aucune charge n’étant retenue à leur encontre.
Le troisième, un homme d’une quarantaine d’années, était lui maintenu dans les locaux de gendarmerie avant d’être présenté à un juge d’instruction. En fin d’après-midi ce jeudi 4 juin, il était officiellement mis en examen pour « destruction involontaire ayant entraîné la mort », qualification pénale qui reflète l’ampleur des conséquences humaines et matérielles du sinistre.
L’agent forestier conteste formellement les accusations
Selon les éléments recueillis, le mis en examen nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Il conteste avoir jeté un mégot de cigarette dans le massif forestier le 4 août 2025, rejetant ainsi toute responsabilité dans le déclenchement de l’incendie.
Cette position de ferme contestation n’a pas empêché la justice de retenir des charges suffisantes pour engager une instruction judiciaire. L’enquête devra désormais établir avec précision les circonstances exactes du départ de feu et déterminer si la négligence alléguée peut être formellement établie.
Le juge demandait l’incarcération, le JLD opte pour le contrôle judiciaire
La question du régime de liberté du mis en examen a fait l’objet d’un arbitrage judiciaire notable. Le parquet de Montpellier avait requis un simple contrôle judiciaire. Le juge d’instruction, lui, souhaitait une incarcération, invoquant deux risques principaux : celui de représailles contre le mis en examen de la part de personnes ayant tout perdu dans l’incendie, et celui d’une éventuelle concertation avec d’autres personnes impliquées dans l’affaire.
C’est finalement le juge des libertés et de la détention (JLD) qui a tranché vers 19 heures. Sa décision : remise en liberté de l’agent forestier, assortie d’une interdiction de paraître dans les communes touchées par l’incendie. Une mesure qui tient compte à la fois des droits de la défense et du contexte émotionnel particulièrement tendu dans les villages sinistrés.
Une catastrophe dont les séquelles restent vives
Le mégafeu des Corbières de l’été 2025 reste l’une des catastrophes naturelles les plus douloureuses qu’ait vécues l’Aude depuis plusieurs décennies. Des dizaines de familles ont tout perdu. Une femme n’en est pas revenue. Pour les habitants de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse et des villages alentour, la mise en examen d’un individu représente une première étape judiciaire attendue, même si la présomption d’innocence demeure entière.
L’instruction judiciaire devrait permettre, dans les mois à venir, de reconstituer précisément la chronologie des faits et de déterminer les responsabilités pénales définitives.
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