Un homme de 39 ans lié à Dominique Pelicot est jugé à Lyon pour avoir drogué et violé sa compagne. Il nie les faits après de premiers aveux. Verdict attendu vendredi.

Lié à l’affaire Pelicot, un homme jugé à Lyon pour viol sous soumission chimique sur sa compagne
Un garde du corps de 39 ans comparaît jeudi 11 et vendredi 12 juin devant la cour criminelle du Rhône. Il est accusé d’avoir drogué et violé sa compagne pendant plusieurs années, tout en la filmant à son insu. L’affaire présente un lien direct avec Dominique Pelicot, condamné à vingt ans de réclusion.
Un accusé en contact avec Dominique Pelicot
Tout commence le 12 septembre 2020, lors de l’arrestation de Dominique Pelicot dans un supermarché de Carpentras. L’analyse de son téléphone révèle des échanges avec un homme basé à Lyon, désireux de bénéficier de ses « conseils » pour endormir sa compagne afin de la violer, relate La Nouvelle République. Selon les enquêteurs, le mis en cause souhaitait explicitement profiter de l’« expérience » de celui qui allait devenir le symbole des violences sexuelles sous soumission chimique en France.
Ce n’est que le 13 juin 2023 que l’intéressé est placé en garde à vue. La perquisition de son domicile livre des dizaines de photos et de vidéos de sa compagne, prises à son insu depuis le début de leur relation en 2015, à l’aide d’une caméra dissimulée dans leur chambre. Sur plusieurs séquences, la jeune femme apparaît inconsciente tandis que l’accusé commet des actes sexuels sur elle.
Des premiers aveux avant un rétropédalage
Lors de sa première comparution devant le juge d’instruction, l’homme reconnaît un viol et une agression sexuelle sur sa compagne, après lui avoir administré un somnifère. Mais il revient rapidement sur ces déclarations et clame aujourd’hui son innocence, qualifiant les faits de simples « jeux sexuels » consentis avec la mère de son enfant.
Les magistrats instructeurs ont écarté cette version. Sur l’une des vidéos, l’accusé interrompt brusquement ses actes au moment où la victime amorce un réveil. Pour les juges, cet « endormissement profond » exclut tout consentement et caractérise la surprise, élément constitutif du crime de viol.
Une victime dans l’ignorance pendant plusieurs années
La plaignante a confié aux enquêteurs avoir vécu une période de grande fatigue inexpliquée entre 2020 et 2023, marquée par des troubles cardiaques, des vertiges et des « trous noirs » récurrents après s’être endormie. De puissants sédatifs ont été retrouvés dans un coffre-fort auquel elle n’avait pas accès.
L’enquête a également établi que l’accusé échangeait en ligne avec plusieurs hommes pour apprendre à droguer sa compagne dans le but de la violer ou de « l’offrir » à son insu à des tiers. Parmi ces interlocuteurs figurait Dominique Pelicot lui-même. L’accusé affirme avoir mis fin à cette correspondance lorsqu’il a réalisé que son contact « n’était pas seulement dans le fantasme ».
La question du lien avec Pelicot au cœur des débats
La défense, assurée par Me Gabriel Versini-Bullara, entend précisément questionner la nature de ce lien : « L’intérêt premier de ce dossier sera de déterminer s’il y a eu ou non des liens nourris entre M. Pelicot et mon client, laissant penser que l’un est le mentor de l’autre. » Dominique Pelicot, qui purge une peine de vingt ans de réclusion, ne sera pas présent à l’audience, a confirmé son avocate Béatrice Zavarro.
La victime a accepté que le procès se tienne en audience publique, mais son avocate Me Julia Studient précise qu’elle « n’est porteuse d’aucun message » et ne souhaite pas s’exprimer publiquement.
Des charges supplémentaires alourdissent le dossier
Au-delà du viol sous soumission chimique, l’accusé doit également répondre d’une usurpation d’identité numérique : il aurait créé de faux profils au nom de sa compagne sur un site de rencontres, désormais fermé par décision de justice, et y aurait publié des photos et vidéos volées d’elle nue. La victime a rapporté que des inconnus s’étaient présentés à plusieurs reprises sur son lieu de travail, croyant avoir un rendez-vous avec elle.
Enfin, la cour devra se prononcer sur la détention par l’accusé de nombreux contenus à caractère pédopornographique, pour lesquels il a alternativement invoqué une « curiosité mal placée » ou des « moments d’égarement ». L’homme encourt vingt ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu vendredi soir.
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