Le gouvernement gèle les avoirs de Xenia Fedorova, accusée de propagande prorusse, deux jours après son arrêté d’expulsion. Détails.

Expulsion de Xenia Fedorova : le gouvernement gèle également ses avoirs financiers
Après avoir ordonné son expulsion du territoire, l’État français durcit sa réponse face à la journaliste russe Xenia Fedorova. Un arrêté conjoint du ministère de l’Économie et de celui de l’Intérieur gèle désormais ses ressources économiques pour une durée minimale de six mois.
Un arrêté pris dans la nuit
C’est dans la nuit du 30 au 31 juillet que la décision est tombée, relate Le Parisien. Roland Lescure, ministre de l’Économie, et Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, ont signé conjointement un arrêté interdisant à Xenia Fedorova tout accès à ses fonds et ressources économiques présents sur le territoire français.
Cette mesure vise directement la journaliste russe, régulièrement accusée de relayer les éléments de langage du Kremlin dans plusieurs médias français, dont CNews, Europe 1 et le Journal du Dimanche.
Une mesure fondée sur la loi anti-ingérences de 2024
Le gel des avoirs s’appuie sur la loi du 25 juillet 2024, un texte spécifiquement conçu pour lutter contre les ingérences étrangères sur le sol français. Cette législation permet à l’État de bloquer les fonds détenus en France par toute personne suspectée de se livrer à des actes d’ingérence, d’y inciter ou de les financer, dès lors que la sécurité et l’ordre public sont jugés menacés.
Concrètement, cet outil de police administrative ne se limite pas aux seuls fonds personnels de Xenia Fedorova. Il englobe également les ressources détenues par toute structure qu’elle contrôlerait, ainsi que les entités agissant sciemment pour son compte ou selon ses instructions.
Le montant exact des sommes concernées n’a pas été communiqué. La mesure, valable six mois, pourra être reconduite pour une nouvelle période équivalente si un arrêté complémentaire est publié.
Une expulsion déjà contestée
Ce gel d’avoirs intervient seulement deux jours après un premier arrêté, cette fois d’expulsion. Depuis mercredi, l’ancienne directrice de la chaîne russe RT France, dont la diffusion est interdite dans l’Union européenne depuis mars 2022, se trouve assignée à résidence. Elle doit se présenter quotidiennement au commissariat et a formé un recours contre cette décision.
Âgée de 45 ans, elle fait également l’objet d’une interdiction de territoire en Allemagne, selon l’AFP. Le gouvernement français justifie ces mesures par un comportement jugé attentatoire aux intérêts fondamentaux de l’État.
Canal+ et Lagardère dénoncent une atteinte à la liberté d’expression
Les groupes Canal+ et Lagardère, employeurs de la journaliste, ont vivement réagi à l’annonce de l’expulsion, y voyant une atteinte grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions.
Nuñez assume et vise d’autres figures politiques
Interrogé jeudi soir sur BFMTV, Laurent Nuñez a rejeté tout soupçon de censure. Pour le ministre de l’Intérieur, Xenia Fedorova participe d’une propagande russe visant à fragiliser le fonctionnement démocratique français.
Il a par ailleurs établi un parallèle avec certaines prises de position politiques nationales, citant Florian Philippot, président des Patriotes et candidat à la présidentielle de 2027, ainsi que Thierry Mariani, membre du Rassemblement national. Selon lui, leurs discours ne sont « pas très loin » de ceux développés par la journaliste, tout en précisant qu’ils continueront de s’exprimer librement.
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La liberté d’expression bafouée par un état voyou, qui fantasme une agression Russe, pour restreindre toutes les libertés en fin de compte. Les méthodes sont celles des années 30 en Allemagne, remises au goût du jour par l’UE, la France est la vassale de cette oligarchie nauséabonde.
Je ne suis pas français, ce qui ne m’empêche pas d’approuver totalement l’attitude du gouvernement à l’égard de Xenia Fedorova. On ne peut fermer RT, organe de la propagande russe, et laisser son ancienne directrice poursuivre son discours sur une chaîne privée. Quant à la liberté d’expression, je crois que c’est Céline Pina qui, en quelques mots, décrit le mieux la situation : « Expulser la renfrognée Xenia est un acte souverain et un pays souverain a parfaitement le droit de refuser qu’un pays étranger fasse sa propagande sur son sol. C’est légitime. »